© sxc.huLa circoncision doit être considérée "comme un moyen supplémentaire important de réduire le risque de transmission hétérosexuelle de l'infection à VIH chez l'homme". Telle est la conclusion d'experts réunis en Suisse en mars dernier, à l'invitation de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (Onusida).
Cette préconisation, rendue publique mercredi par les deux organismes, s'appuie sur des études menées respectivement au Kenya, en Ouganda et en Afrique du Sud. Lesquelles "ont démontré que la circoncision réduit d'environ 60% le risque de transmission hétérosexuelle du VIH à l'homme", expliquent l'OMS et l'Onusida. "Les recommandations représentent un pas en avant dans la prévention du VIH", s'est félicité le docteur Kevin De Cock, directeur du département du VIH/sida à l'OMS.
"Les pays qui connaissent des taux élevés d'infection à VIH par transmission hétérosexuelle et une faible prévalence de la circoncision [un faible nombre d'hommes circoncis, NDLR] disposent désormais d'une nouvelle intervention capable de réduire le risque d'infection à VIH chez les hommes hétérosexuels", poursuit-il, précisant toutefois qu'"il faudra attendre quelques années pour observer un effet positif de cet investissement sur l'épidémie".
"Sentiment erroné de sécurité"
"Nous devons être clairs, pointe encore Catherine Hankins, directrice associée du Département des politiques, des données et des partenariats à l'Onusida : la circoncision ne protège pas totalement contre le VIH. Les hommes et les femmes qui envisagent la circoncision comme méthode préventive doivent continuer d'utiliser d'autres formes de protection telles que les préservatifs masculins et féminins, le report de l'âge des premiers rapports sexuels et la diminution du nombre de partenaires."
L'OMS et l'Onusida soulignent que "la circoncision doit toujours s'inscrire dans un ensemble complet de mesures de prévention du VIH, comprenant des services de conseil et de dépistage du VIH ; un traitement des infections sexuellement transmissibles ; la promotion de pratiques sexuelles sûres ; la fourniture de préservatifs masculins et féminins et la promotion de leur utilisation correcte et régulière".
Cette avancée ne doit pas provoquer "un sentiment erroné de sécurité", insistent les organismes. Selon eux, "actuellement, on estime que 665 millions d'hommes sont circoncis, soit 30% de la population masculine dans le monde".
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