Grippe aviaire : la clé est-elle dans la tombe de Sir Sykes ?

Par M. D. avec agence, le 05 mars 2007 à 17h46 , mis à jour le 05 mars 2007 à 18h17

Des chercheurs britanniques vont exhumer la dépouille d'un diplomate anglais mort en 1919 de la grippe espagnole. Une souche proche de celle du H5N1 qui pourrait permettre d'améliorer les traitements.

[Expiré] microscope analyse laboratoire recherche © sxc.hu

Comment prévenir une éventuelle pandémie de grippe, aviaire ou classique ? La réponse réside peut-être dans le cadavre d'un diplomate britannique décédé en 1919. Sir Mark Sykes, l'un des signataires de l'accord franco-britannique Sykes-Picot (lire l'encadré ci-dessous), est décédé en 1919 des suites de la grippe espagnole. Des chercheurs britanniques estiment qu'une meilleure connaissance des effets de ce virus permettrait de mieux lutter contre une future épidémie.

Le professeur John Oxford, virologue à l'Hôpital royal de Londres, a ainsi obtenu des descendants du diplomate d'effectuer des prélèvements sur sa dépouille. Celle-ci repose dans un cercueil scellé en plomb qui a été enterré dans la propriété de la famille Sykes, dans le Yorkshire, au Royaume-Uni. Le cadavre devrait donc être bien conservé, estime l'équipe du Pr Oxford.

Mode de propagation

Le virus de la grippe espagnole a tué plus de 50 millions de personnes dans le monde, après la Première guerre mondiale. Des similitudes existent entre cette souche et celle du H5N1 de la grippe aviaire, chaque virus ayant d'abord frappé les volailles avant de se propager au sein de la population humaine. Le Pr Oxford veut notamment comprendre si, au-delà des poumons, d'autres organes, comme le cerveau, ont été atteints par le virus de la grippe espagnole. Par ailleurs, le spécialiste cherche à savoir si, comme c'est le cas pour le H5N1, le virus a provoqué une réaction globale du système immunitaire conduisant à une inflammation mortelle des organes.

"Nous pouvons obtenir des réponses à des questions très importantes", a affirmé le virologue à la BBC. Réponses qui pourraient alors permettre d'affiner les traitements proposés aux malades et d'aider la communauté internationale à se préparer à l'éventuelle prochaine pandémie de grippe.

Partage franco-britannique

Sir Mark Sykes est décédé des suites de la grippe espagnole en 1919 à Paris, au retour d'un séjour au Proche-Orient. L'homme a laissé son nom à des accords secrets signés le 16 mai 1916 entre la France et le Royaume-Uni pour le partage de l'Empire Ottoman. Ces accords de Sykes-Picot (François Georges-Picot est alors le représentant français) constituent au Moyen-Orient des zones d'administration et d'influence française (Liban, Syrie, province de Mossoul, Cilicie) et britannique (Jordanie, Palestine, Koweït, Mésopotamie).

Par M. D. avec agence le 05 mars 2007 à 17:46
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4 Commentaires

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  • Bean, le 06/03/2007 à 16h29

    La mort vient de la vie, la vie se nourrit de la mort... Il n'y a pas de tabou à tirer des enseignements du passé et des morts: sans opération sur les morts, la chirurgie serait encore à un niveau médiéval!

  • Regis, le 06/03/2007 à 13h25

    Reactiver ce virus me fait froid dans le dos... et s'il s'echappait ou si un groupe terroriste arrivait a mettre la main dessus, vous imaginez le nombre de morts possibles? pas rassurant....

  • Lili01, le 06/03/2007 à 10h50

    Je conseille à Johnny de se faire incinérer le jour où...(le plus tard possible), car même mort, on n'est pas tranquille..Les morts doivent rester là où ils sont....en paix.

  • HAGARD, le 06/03/2007 à 09h07

    Je pense que nos défunts ancêtres auront peut-être en eux des solutions à nos prolèmes de santé dans le futur. C'est pourquoi je suis contre la crémation : si nous nous brûlons il ne restera rien à prélever, analyser...pour nous "guérir" peut-être dans des dizaines et des dizaines d'années !!! La science avance toujours, nous ne savons pas ce qui nous attend quand nous ne serons plus sur cette terre. Bruno

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