© sxc.huComment prévenir une éventuelle pandémie de grippe, aviaire ou classique ? La réponse réside peut-être dans le cadavre d'un diplomate britannique décédé en 1919. Sir Mark Sykes, l'un des signataires de l'accord franco-britannique Sykes-Picot (lire l'encadré ci-dessous), est décédé en 1919 des suites de la grippe espagnole. Des chercheurs britanniques estiment qu'une meilleure connaissance des effets de ce virus permettrait de mieux lutter contre une future épidémie.
Le professeur John Oxford, virologue à l'Hôpital royal de Londres, a ainsi obtenu des descendants du diplomate d'effectuer des prélèvements sur sa dépouille. Celle-ci repose dans un cercueil scellé en plomb qui a été enterré dans la propriété de la famille Sykes, dans le Yorkshire, au Royaume-Uni. Le cadavre devrait donc être bien conservé, estime l'équipe du Pr Oxford.
Mode de propagation
Le virus de la grippe espagnole a tué plus de 50 millions de personnes dans le monde, après la Première guerre mondiale. Des similitudes existent entre cette souche et celle du H5N1 de la grippe aviaire, chaque virus ayant d'abord frappé les volailles avant de se propager au sein de la population humaine. Le Pr Oxford veut notamment comprendre si, au-delà des poumons, d'autres organes, comme le cerveau, ont été atteints par le virus de la grippe espagnole. Par ailleurs, le spécialiste cherche à savoir si, comme c'est le cas pour le H5N1, le virus a provoqué une réaction globale du système immunitaire conduisant à une inflammation mortelle des organes.
"Nous pouvons obtenir des réponses à des questions très importantes", a affirmé le virologue à la BBC. Réponses qui pourraient alors permettre d'affiner les traitements proposés aux malades et d'aider la communauté internationale à se préparer à l'éventuelle prochaine pandémie de grippe.
Partage franco-britannique |
Sir Mark Sykes est décédé des suites de la grippe espagnole en 1919 à Paris, au retour d'un séjour au Proche-Orient. L'homme a laissé son nom à des accords secrets signés le 16 mai 1916 entre la France et le Royaume-Uni pour le partage de l'Empire Ottoman. Ces accords de Sykes-Picot (François Georges-Picot est alors le représentant français) constituent au Moyen-Orient des zones d'administration et d'influence française (Liban, Syrie, province de Mossoul, Cilicie) et britannique (Jordanie, Palestine, Koweït, Mésopotamie).
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