Image d'archives © TF1/LCIDepuis son apparition à la fin des années 90, le virus H5N1 de la grippe aviaire a entraîné le décès de 185 personnes sur 306 cas humains identifiés dans le monde, la plupart depuis 2003, selon l'Organisation Mondiale de la Santé. Les experts craignent que le virus mute sous une forme facilement transmissible à l'homme, comme c'est arrivé lors de la grande épidémie de grippe espagnole de 1918-19, qui a fait entre 20 et 50 millions de morts. Mais la mise au point d'un vaccin pourrait intervenir assez rapidement... Et les chercheurs s'approchent peut-être aussi d'un traitement efficace.
Une équipe est parvenue à immuniser des souris en utilisant des anticorps humains prélevés sur des survivants de cette infection. Ces anticorps, reproduits en Suisse à l'Institut pour la recherche en biomédecine, ont également augmenté de façon importante le taux de survie des animaux infectés. "Nous sommes convaincus que cet élément peut être reproduit chez l'homme", affirme Antonio Lanzavecchia, directeur du laboratoire antiviral de l'Institut et coauteur d'une étude dévoilant cette avancée de la recherche dans la revue américaine PloS Medicine.
Pas de traitement avant trois ou quatre ans
Les anticorps découverts ont été produits en grande quantité à partir d'échantillons de sang fournis par quatre adultes vietnamiens ayant survécu à une infection grippale avec le virus H5N1. Ces quatre sujets avaient été diagnostiqués entre janvier 2004 et février 2005. Les souris exposées à une charge virale mortelle de virus H5N1 sans les anticorps sont mortes en quelques jours. En comparaison, sur les 60 souris également infectées avec le virus H5N1 ayant circulé au Vietnam en 2004 mais traitées avec différentes doses d'anticorps produits à partir du sang des quatre Vietnamiens, 58 ont survécu. D'autres tests ont aussi montré que les souris traitées avec ces anticorps avaient une charge virale de H5N1 de dix à cent fois moins grande dans leurs poumons que les animaux dans le groupe témoin. De plus, l'infection ne s'est pas quasiment pas propagée à d'autres organes.
"Si le succès de cette recherche initiale est confirmé en laboratoire et par des essais cliniques, les anticorps monoclonaux humains pourraient s'avérer être un traitement thérapeutique et prophylactique important en cas de pandémie", estime le Dr. Anthony Fauci, directeur de l'Institut national américain des allergies et maladies infectieuses (NIAID) dont des chercheurs ont participé à ces travaux. Un traitement aux anticorps pourrait aussi immuniser les infirmières et les médecins, les plus exposés en cas d'épidémie.
Comme il n'est pas possible de faire des essais cliniques en bonne et due forme en raison du faible nombre de cas, les autorités sanitaires américaines et européennes ont autorisé un protocole "accéléré" pour mettre au point un médicament à base d'anticorps. Cependant il faudra encore trois à quatre ans avant que le médicament soit mis en circulation.
D'après agence
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