Roselyne Bachelot © TF1/LCI/Christophe ChevalinAprès la "catastrophe d'Epinal", selon ses mots, et les problèmes dans 4 CHU français révélés la semaine dernière (lire notre article), la ministre de la Santé compte "doubler en cinq ans le nombre de radiophysiciens", affirme-t-elle dans un entretien au Monde (daté de vendredi). Car "les différents accidents ont montré le manque de professionnels". Ils passeraient ainsi de 300 à 600, explique-t-elle affirmant vouloir "lancer une campagne de valorisation de ces métiers".
En outre, la "crise systémique" que connaît aujourd'hui la radiothérapie "nécessite à la fois d'améliorer l'information des patients et de renforcer les moyens et la qualité de la radiothérapie", estime Roselyne Bachelot qui précise avoir "demandé à la Société française de radiothérapie et d'oncologie et à une structure indépendante d'évaluer en six mois les besoins humains et matériels de l'ensemble des 182 centres de radiothérapie en France". "Un numéro vert d'information sur la radiothérapie sera lancé en septembre pour le grand public ainsi qu'un site internet", poursuit-elle.
180.000 patients traités par an
Les physiciens médicaux se sont mobilisés la semaine dernière pour "exprimer leur ras-le-bol" face au manque d'effectifs et de reconnaissance. La France ne compte que 350 physiciens médicaux, contre 1.200 en Allemagne et 1.800 en Angleterre alors qu'"il faudrait que nous soyons au moins 700", avait estimé à cette occasion Thierry Sarrazin, président de la Société française de physique médicale. Les radiophysiciens sont les intermédiaires entre les médecins radiologues et les manipulateurs radio.
A Epinal, l'accident le plus grave recensé pour l'instant, 24 patients ont été gravement surradiés en raison d'une mauvaise utilisation d'un appareil de radiothérapie et cinq en sont décédés. A Toulouse, 145 patients ont été victimes d'une erreur de calibrage des doses, dont 6 à des niveaux préoccupants. Et le ministère de la Santé a annoncé mardi dernier la suspension des radiothérapies du cerveau dans quatre hôpitaux (Nancy, Montpellier, Tours et Paris) à la suite de dysfonctionnements sur des appareils de radiothérapie de la société allemande Brainlab. La radiothérapie intervient chaque année dans le traitement de 180.000 patients cancéreux.
Bachelot: le DMP "est au point mort", il faut "le relancer" |
Dans la même interview, la ministre de la Santé constate que le Dossier médical personnel (DMP), dont l'entrée en vigueur a déjà été reportée de 2007 à 2008, est "au point mort" et affirme son intention de "le relancer très vite". Selon elle, "il est impossible de mener une politique de santé dans ce pays, que ce soit en ville ou à l'hôpital sans DMP". |
Retour MYTF1
Chargement en cours...



