Dysfonctionnements en radiothérapie : pas d'"effet délétère" constaté

Par D.H. (avec agence), le 12 juin 2007 à 15h27 , mis à jour le 12 juin 2007 à 22h25

Alors que les radiothérapies de 4 CHU ont été suspendues, l'Afssaps s'est voulue mardi rassurante à propos des 620 patients qui doivent être rappelés.

TF1/LCI : Service de radiothérapieService de radiothérapie © TF1/LCI

Au lendemain de la suspension par le ministère de la Santé "par mesure de précaution" des radiothérapies stéréotaxiques du cerveau effectuées par des appareils de la société allemande Brainlab dans quatre centres hospitaliers (Nancy, Montpellier, Tours et Paris), l'Afsspas a cherché mardi à rassurer les 620 patients concernés (lire notre article). Les autorités sanitaires n'ont pas "à ce jour" identifié d'"effet délétère" chez ces patients, a-t-elle indiqué mardi.

Jean-Luc Godet, de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a pour sa part estimé que "l'événement se situerait plutôt dans le bas" d'une échelle de gravité "à venir", précisant que l'ASN travaillait à la mise en place de cet instrument d'évaluation. "Mais il faut analyser les effets à six mois ou un an", a-t-il tempéré au cours d'une conférence conjointe avec l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). A titre de comparaison, l'accident de radiothérapie d'Epinal se situerait "en haut de cette échelle", l'incident de Toulouse-Rangueil, "plutôt dans le bas", a indiqué Jean-Luc Godet.

Problème identifié

Quant aux causes du dysfonctionnement, il est dû à un "problème de couplage entre trois éléments", a expliqué Jean-Claude Ghislain, directeur de l'évaluation des dispositifs médicaux de l'Afssaps. L'appareil de radiothérapie Brainlab, l'accessoire de stéréotaxie permettant de cadrer le faisceau (Leksell) et le logiciel de planification (Brainlab).

Le problème a été identifié lors de la mise en service d'une configuration de ce type en Espagne, a indiqué Jean-Claude Ghislain. La société Brainlab a alors averti, en milieu de semaine dernière, les quatre sites concernés en France, "court-circuitant" les autorités sanitaires, a précisé le directeur général de l'Afssaps, Jean Marimbert.

Même ton rassurant de la part du directeur de l'Agence Régionale d'Hospitalisation, Alain Corvez : selon lui, les autorités ont lancé cette "procédure d'alerte" pour interpeller le fabricant, en appliquant strictement "le principe de précaution".

"Aucun risque" à Montpellier

Peu avant, le médecin Christine Kerr, du centre régional de lutte contre le cancer Val d'Aurelle à Montpellier, avait tenu à "dédramatiser" la situation des 16 patients concernés à Montpellier : il n'y a "aucune lésion n'est à attendre" pour eux". Le professeur Jean-Bernard Dubois, directeur du centre régional de lutte contre le cancer, a lui aussi affirmé sur Sud-Radio qu'il n'y avait "aucun risque" pour les "16 patients" montpelliérains, car il n'y a eu "aucune surradiation".

"Il y a eu simplement du décalage dans le repérage, au niveau du plan de traitement, entre nos mesures à nous et le logiciel du constructeur, a expliqué Jean-Bernard Dubois. Mais les irradiations n'ont pas été effectuées avec ce décalage car nous avons apporté des mesures de correction, donc il n'y a eu aucune erreur."

A Nancy, "risque faible, sinon nul"

Avant qu'un patient soit traité par des micro-faisceaux de haute énergie, un cadre est vissé sur sa tête, pour permettre le repérage spatial de la zone à traiter avec une précision millimétrique, a expliqué le Dr Christine Kerr. "Nous avons observé un problème de précision du positionnement avec les cadres Leksell. Et il nous est parfois arrivé d'annuler une séance parce que nous n'avions pas la précision requise. Mais ce n'est ni un incident, ni un accident, ni une erreur : c'est quelque chose que l'on connaît", a-t-elle insisté. "Nous travaillons depuis deux ans à améliorer cette précision du positionnement. Le fabricant Brainlab est interpellé parce qu'il faut continuer à affiner les logiciels pour parvenir à une précision en dessous du millimètre", a poursuivi le médecin.


Quant aux 51 patients concernés à Nancy (qui ont été traités avec ces appareils entre septembre 2004 et juin 2007), le risque qu'ils aient subi des lésions est "faible, sinon nul", a affirmé le Pr François Guillemin, directeur du centre Alexis Vautrin de Vandoeuvre-les-Nancy (Meurthe-et-Moselle). "Ces 51 patients sont répertoriés, régulièrement suivis et seront invités à venir consulter", a-t-il ajouté. "Le cas échéant, ils subiront des examens complémentaires".

Un numéro national

Les quatre CHU concernés par la suspension des radiothérapies sont le Centre Alexis Vautrin de Nancy, le CHU de Montpellier, le CHU Bretonneau de Tours et le CHU de la Pitié-Salpétrière à Paris. Sur les 620 patients qui doivent être rappelés pour consultation, 500 ont été traités au CHU de la Pitié-Salpétrière à Paris. 51 patients sont concernés à Nancy. La procédure de rappel des patients, par courrier et téléphone, est en cours. Le ministère a mis en place un numéro national, le 0820.03.33.33 (12 centimes d'euros la minute) pour répondre à toute demande d'information des patients et de leurs proches.

La Mutualité française a demandé mardi une "évaluation systématique des pratiques et techniques médicales".

Par D.H. (avec agence) le 12 juin 2007 à 15:27
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