Le Parlement européen à Strasbourg © DR/C.PuisneyPrès d'un député européen sur deux ne soutient pas l'interdiction totale de fumer sur le lieu de travail, selon une étude publiée mercredi par Smoke Free Partnership. Ce réseau, qui regroupe Cancer Research UK, l'Institut national du Cancer français et la Société européenne de pneumologie, a transmis un questionnaire aux 785 eurodéputés. Seuls 107 d'entre eux y ont répondu.
Parmi eux, 44% sont contre l'interdiction totale de fumer sur le lieu de travail et 45% estiment que la construction de fumoirs au Parlement européen n'est pas un gaspillage de l'argent des contribuables. "C'est déjà suffisamment mauvais qu'une partie des eurodéputés pensent qu'ils peuvent dépenser l'argent des contribuables pour construire des fumoirs malgré le fait qu'ils pensent que fumer peut provoquer des maladies mortelles. Mais c'est encore pire que des élus aillent contre les souhaits du peuple qu'ils représentent", a dénoncé Jean King, de Cancer Research UK.
Selon un récent sondage de la Commission européenne, 88% des citoyens européens veulent des lieux de travail et des espaces publics sans tabac. L'engagement des députés à l'origine pour un Parlement européen sans tabac "avait montré leur compréhension des dangers du tabagisme passif. Ils ont encore une chance de montrer l'exemple et d'inverser ce revers désastreux pour l'avenir de la santé en Europe", a ajouté Jean King.
Marche arrière
Le bureau du Parlement, qui réunit notamment les présidents et vice-présidents de l'institution et gère son fonctionnement pratique, avait décidé en 2005 l'interdiction totale de fumer dans ses propres locaux à partir du 1er janvier 2007. Avant de faire marche arrière en février en décidant de créer des fumoirs, dont la construction va coûter entre 200.000 et 250.000 euros, selon des députés.
"Il y a apparemment deux personnes dans chaque député : le législateur qui donne des consignes à l'ensemble du continent et celui dans sa bulle parlementaire qui a un comportement tout autre", a dénoncé mercredi l'eurodéputé Vert Gérard Onesta, seul membre du bureau qui s'était opposé à cette marche arrière.
D'après agence
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