© TF1Fille ou garçon ? Un test ADN vendu sur internet permet de connaître le sexe du fœtus, six semaines après le début de la grossesse. C'est en tout cas ce qu'affirme la société britannique DNA Worldwide qui le commercialise.
Baptisé "Pink or Blue", le kit permet à la femme enceinte de prélever une goutte de sang sur un doigt et de la renvoyer au laboratoire de la société. Celui-ci recherche alors la présence d'ADN fœtal dans le sang : si le chromosome Y est identifié, le bébé est un garçon ; s'il est absent, le bébé est une fille. Les tests sont fiables à 99%, selon DNA Worldwide, qui propose un remboursement en cas d'erreur. Les résultats sont communiqués au bout de deux semaines pour le "kit de base" à 279,28 euros et d'une semaine seulement pour le "kit express" à 352,79 euros.
Ce service commercial a provoqué une levée de boucliers. Au Royaume-Uni d'abord, où l'association anti-avortement Life a déclaré au journal The Sun que ce test "pourrait mener à des avortements simplement parce que des bébés sont du 'mauvais' sexe". DNA Worldwide précise que ses services ne sont pas disponibles en Inde et en Chine, deux pays où se pratiquent des avortements lorsque le bébé est une fille. L'absence d'accompagnement médical est également dénoncée.
"Les responsables de l'Agence de biomédecine ont indiqué que la France n'autoriserait pas la pratique, sur son sol, d'un test de dépistage génétique permettant de connaître le sexe d'un enfant à naître dès la sixième semaine de grossesse", a expliqué Le Monde en mai dernier. "Pour autant, cette institution précise que rien ne sera fait pour interdire aux personnes qui le souhaiteraient d'avoir accès, via Internet, à cette méthode", a poursuivi le quotidien.
"Cas de conscience"
Sur le principe d'un test de détection plus simple et plus rapide, le docteur Guy-Marie Cousin n'a "aucun état d'âme". Le secrétaire général du Syndicat national des gynécologues-obstétriciens (Syngof) explique à LCI.fr que "le risque qu'un parent transmette [au fœtus] une maladie génétique grave est tel que tout ce qui permettra de détecter rapidement le sexe d'un enfant sera un bienfait".
Pour autant, si un tel test se généralisait en France, via internet donc, et débouchait sur des avortements sélectifs, "cela poserait des cas de conscience aux médecins qui pratiquent l'IVG [interruption volontaire de grossesse]", souligne le Dr Cousin. "En tout cas, cela m'en poserait à moi". Et, en devenant un phénomène de société, cette pratique obligerait le corps médical à une prise de position, assure-t-il.
A ce jour, le responsable du Syngof "n'a pas encore le sentiment d'avoir été confronté à des patients ayant utilisé ce procédé". "L'eugénisme n'existe pas en France", affirme-t-on dans un centre IVG parisien du Planning familial. "Les trois-quarts des jeunes femmes qui viennent ici se sentent abandonnés par leur partenaire et ne veulent pas être des mères célibataires", ajoute-t-on, avant de pointer qu'"en France, il y a encore beaucoup de parents qui refusent de connaître le sexe de leur enfant avant sa naissance".
Paradoxalement, chez DNA Worldwide, une source déclare que "beaucoup de demandes" de tests viennent de France. Et de demander : "On parle de nous dans les médias, c'est ça ?"
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