Test sur le sexe du foetus : "L'eugénisme n'existe pas en France"

Par Matthieu DURAND, le 19 juin 2007 à 18h19 , mis à jour le 20 juin 2007 à 10h56

Un test indiquant le sexe du foetus est disponible sur le Net. Mais les spécialistes veulent croire qu'aucune demande d'IVG n'a été motivée par ce kit.

Femme enceinte bébé nourrisson grossesse © TF1

Fille ou garçon ? Un test ADN vendu sur internet permet de connaître le sexe du fœtus, six semaines après le début de la grossesse. C'est en tout cas ce qu'affirme la société britannique DNA Worldwide qui le commercialise.

Baptisé "Pink or Blue", le kit permet à la femme enceinte de prélever une goutte de sang sur un doigt et de la renvoyer au laboratoire de la société. Celui-ci recherche alors la présence d'ADN fœtal dans le sang : si le chromosome Y est identifié, le bébé est un garçon ; s'il est absent, le bébé est une fille. Les tests sont fiables à 99%, selon DNA Worldwide, qui propose un remboursement en cas d'erreur. Les résultats sont communiqués au bout de deux semaines pour le "kit de base" à 279,28 euros et d'une semaine seulement pour le "kit express" à 352,79 euros.

Ce service commercial a provoqué une levée de boucliers. Au Royaume-Uni d'abord, où l'association anti-avortement Life a déclaré au journal The Sun que ce test "pourrait mener à des avortements simplement parce que des bébés sont du 'mauvais' sexe". DNA Worldwide précise que ses services ne sont pas disponibles en Inde et en Chine, deux pays où se pratiquent des avortements lorsque le bébé est une fille. L'absence d'accompagnement médical est également dénoncée.

"Les responsables de l'Agence de biomédecine ont indiqué que la France n'autoriserait pas la pratique, sur son sol, d'un test de dépistage génétique permettant de connaître le sexe d'un enfant à naître dès la sixième semaine de grossesse", a expliqué Le Monde en mai dernier. "Pour autant, cette institution précise que rien ne sera fait pour interdire aux personnes qui le souhaiteraient d'avoir accès, via Internet, à cette méthode", a poursuivi le quotidien.

"Cas de conscience"

Sur le principe d'un test de détection plus simple et plus rapide, le docteur Guy-Marie Cousin n'a "aucun état d'âme". Le secrétaire général du Syndicat national des gynécologues-obstétriciens (Syngof) explique à LCI.fr que "le risque qu'un parent transmette [au fœtus] une maladie génétique grave est tel que tout ce qui permettra de détecter rapidement le sexe d'un enfant sera un bienfait".

Pour autant, si un tel test se généralisait en France, via internet donc, et débouchait sur des avortements sélectifs, "cela poserait des cas de conscience aux médecins qui pratiquent l'IVG [interruption volontaire de grossesse]", souligne le Dr Cousin. "En tout cas, cela m'en poserait à moi". Et, en devenant un phénomène de société, cette pratique obligerait le corps médical à une prise de position, assure-t-il.

A ce jour, le responsable du Syngof "n'a pas encore le sentiment d'avoir été confronté à des patients ayant utilisé ce procédé". "L'eugénisme n'existe pas en France", affirme-t-on dans un centre IVG parisien du Planning familial. "Les trois-quarts des jeunes femmes qui viennent ici se sentent abandonnés par leur partenaire et ne veulent pas être des mères célibataires", ajoute-t-on, avant de pointer qu'"en France, il y a encore beaucoup de parents qui refusent de connaître le sexe de leur enfant avant sa naissance".

Paradoxalement, chez DNA Worldwide, une source déclare que "beaucoup de demandes" de tests viennent de France. Et de demander : "On parle de nous dans les médias, c'est ça ?"

Par Matthieu DURAND le 19 juin 2007 à 18:19
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11 Commentaires

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  • Deuxfoisrose, le 20/06/2007 à 11h02

    Trop nul ! quel plaisir de savoir si fille ou garçon ? on s'en fout, quand on fait un enfant on le veut en bonne santé c'est tout ! à moins que le fait d'être enceinte ne soit plus un bonheur mais une obligation pour certain couple et que donc ils veulent au moins choisir le résultat...quelle horreur !

  • Balazard, le 20/06/2007 à 10h59

    Ma première réaction, c'est de trouver ce test génial.Il y a des maladies génétiques uniquement transmises chez le garçon, cela permet en touteconnaissance de cause de poursuivre ou non la grossesse. Dans mon cas, la venue d'un garçon aurait été une catastrophe, mon mari ne voulant qu'une fille. J'ai été angoissée pendant Quatre mois, en attendant l'échographie qui heureusement nous a annoncé une fille. Que ce soit pour des raisons de pathologie ou de psychologie, ce test me semble bénéfique, d'autant plus qu'il ne favoriserait aucun des sexes. F.B.

  • Michel, le 20/06/2007 à 10h52

    Ceux qui affirme que l'eugénisme n'existe pas en France soit on un pb avec la définition de ce mot, soit nous prennent pour des crétins. Qu'on leur demande à quoi sert un diagnostique pré-natal. Qu'on leur demande ce qu'ils préconisent aux parents d'un présumé testé trisomique.

  • Virginie, le 20/06/2007 à 10h23

    A quand le test pour connaitre le QI ou la couleur des cheveux ???? Les femmes enceintes veulent avant tout avoir un bébé, non??? Je trouve ça très dangereux d'anticiper comme ça les "envies" des patients ...

  • Sebastien, le 20/06/2007 à 10h01

    Je ne vois pas en quoi on pourrait interdire ce genre de tests. C'est plutôt l'avortement "sélectif" qu'il faut combattre.

  • Bidou, le 20/06/2007 à 09h22

    Ce test à six semaines, combiné à la possibilité d'IVG jusqu'à 14 semaines permettra donc aux parents d'éliminer les enfants dont ils ne veulent pas. Celà s'appelle bien de l'eugénisme.

  • Stephanie, le 20/06/2007 à 08h32

    Je ne comprends pas que l'on puisse faire un test adn pour savoir le sexe du bébé pour savoir il y a les echographie on est rendus à faire des test adn pour tout et n'importe quoi

  • Irène, le 20/06/2007 à 08h28

    Le monde marche sur la tête ! Car ce sera la porte ouverte aux avortements à répétitions ... Je pense à la Chine, en particulier, où les filles ne sont pas les bienvenues !!! Au contraire ! Idem dans d'autres pays. On risque créer un monde de "garçons" et mettre en péril l'humanité. Que les chercheurs mettent plutôt leur talent et leur énergie à découvrir les médicaments qui permettront de sauver les malades atteints de maladies graves et invalidantes

  • Jean-luc, le 20/06/2007 à 07h49

    " ... L'eugénisme n'existe pas en France ..." dit le Planning Familial ? Ils sont aveugles ? Et l'amiosynthèse pratiquée dès qu'une femme enceinte atteind 35-40ans en vue d'éliminer une bébé hypothétiquement trisomique ce n'est pas de l'eugénisme "légalisé" ? Ce type de test ADN "de confort" est à bannir pour tout parent normalement constitué : l'enfant est un don, et on n'a pas à choisir son sexe !

  • Gestin, le 20/06/2007 à 07h49

    A qui s'adressent rééllement ces tests? Si c'est pour des raisons médicales, évidemment c'est indiscutable. Mais je ne vois pas l'intérêt pour une femme ou un couple de connaître si rapidement le sexe de leur enfant. C'est une douce magie d'être dans l'incertitude. Quand la grossesse se déroule bien, prenons le temps de la vivre à l'écoute de son corps.

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