Conseil nutrition et pub : le message ne passe pas

Par Propos recueillis par Agathe DESCAMPS, le 31 juillet 2007 à 13h25 , mis à jour le 31 juillet 2007 à 15h29

L'UFC-Que Choisir dresse un piètre bilan de l'efficacité des messages santé obligatoires depuis février dernier pour les produits sucrés et gras.

Fruits et Légumes sur un marchétf1- Fruits et Légumes sur un marché © tf1

LCI.fr : Une enquête montre que 68% des parents interprètent le message de santé de travers et que 57% des enfants et 38% des parents ne voient même pas le message. Selon vous, à quoi est dû ce déficit de réception du message ? 
 Didier Chos : Je ne suis pas du tout étonné par ces chiffres. Les raisons de cette incompréhension sont nombreuses.
Tout d'abord, il y a un problème de fond : la crédibilité du message. Le public reçoit sans cesse des informations contradictoires, ce que le sociologue Claude Fischler a appelé la "cacophonie alimentaire". En résulte un message incohérent qui n'est pas compris.
 
En outre, ces messages sont hyper-simplifiés. Ils expliquent, par exemple, que la graisse n'est pas bonne pour la santé mais que les fruits sont très bons pour notre équilibre. Or, la graisse est bonne pour la santé, voire indispensable. C'est la notion de quantité et de qualité du produit qui doit entrer en compte. Or dans les messages simplifiés ces nuances ne sont pas expliquées. Il faut un message plus approfondi.
 
Il faut également souligner que l'industrie agro-alimentaire produit depuis des années des aliments gras et sucrés et s'est davantage souciée du coût de production que de la santé du grand public. Il est donc très difficile de croire ces industries aujourd'hui.
 
LCI.fr : Pensez vous que la forme du message joue également sur son incompréhension ?
D.C : Bien sûr, après les problèmes de fond, viennent les problèmes de forme. La publicité du produit est en couleur, en musique et souvent rythmée, elle attire donc tous les sens.  Quand apparaît le message de prévention sanitaire qui est terne, il est complètement noyé par la publicité. De plus, comme c'est toujours le même message qui apparaît, lorsque le peu de personne qui l'ont vu l'on lu deux ou trois fois, ils n'y font plus du tout attention la quatrième. En outre, comment peut-on croire que l'on peut modifier le comportement d'un enfant avec un petit bandeau illisible ! 
 
LCI.fr : Certains demandent la suppression définitive des publicités pour les aliments sucrés et gras lors des émissions consacrées aux enfants. Pensez-vous que ce soit une solution efficace ?
D.C : L'interdiction n'est jamais la solution, c'est beaucoup trop drastique. C'est surtout irréalisable en raison de l'importance des industries agro-alimentaires.
 
LCI.fr : Quelles solutions préconisez-vous pour lancer une campagne de prévention sur la nutrition ? 
D.C : Je préconiserais des messages pédagogiques. C'est le même principe que pour vendre des produits : pour inciter le public à se nourrir mieux et à faire du sport, il faut lui donner envie. Il faut parler à l'intelligence des gens et leur expliquer pourquoi il est bénéfique de bien manger et faire de l'activité physique.  Les experts de la transmission d'un message, neurologues et sociologues, ne sont pas assez écoutés. Il ne faut pas oublier que les experts en recommandation ne sont pas des experts en communication. La solution réside dans la mise en place d'un message très pointu et dans l'idéal, ce message doit être individualisé. Il faut sortir des slogans, trop réducteurs et donc mal compris,  et de la leçon de morale. 
 
Une chose est sûre, on ne peut plus se contenter de messages courts. Même les officiels racontent des contre-vérités scientifiques à la télévision pour défendre leur place. La vérité scientifique est discutable, pas uniforme. Du coup, la meilleure façon d'informer le public est de débattre.

Par Propos recueillis par Agathe DESCAMPS le 31 juillet 2007 à 13:25
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9 Commentaires

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  • ELODIE, le 31/07/2007 à 18h20

    Je pense que de tels messages sont inutiles parce que les parents trouvent cela + simple de donner des tas de cochonneries à manger à leurs enfants en leur mettant un DVD plutôt que d'aller se défouler dehors, dans les parcs par exemple. comme si ça leur plaisait de voir leur enfant grossir jusqu'à en devenir obèse !!! aujourd'hui tout le monde est fatigué d'un rien et ils pensent que de glander en mangeant des haribos de vant la télé est + reposant que de prendre tout simplement l'air et de se promener !!!

  • Lili01, le 31/07/2007 à 18h13

    Je ne suis pas contre ce message , bien au contraire, mais il est vrai que le prix des fruits et légumes est un point qu'il ne faut pas négliger. Il faut avoir un bon porte monnaie pour faire les courses. Quand je vois les prix, je trouve que cela devient du n'importe quoi...Presque du vol.Oui, même du vol. J'ose l'écrire.

  • Lili, le 31/07/2007 à 18h07

    Une vraie politique de prix adaptée a la saison voila comment faire passer le message concernant la consommation de fruits et de legumes ...soit on achete dui "bon" et pour une famille c'est hors de prix soit du "sans saveur" et difficile d'éduquer les enfants au vrai gout

  • Nanette, le 31/07/2007 à 18h01

    C'est bien beau de nous dire il faut manger 5 fruits et 5 légumes par jour ! mais voila depuis quelques années les fruits et légumes sont hors de prix pour les petits salaires, même en pleine saison de production ilsrestent très chers et lorsuqe l'on fait l'effort d'en acheter, 2 jours plus tard ils sont déjà inmangeables, parce qu'ils déjà a moitié pourris !!

  • Olivier, le 31/07/2007 à 17h53

    L'éducation de nos enfants devrait donc confiée à la Publicité (ou à l'absence de Publicité) : l'idée est assez amusante en soi. L'idée que ce soient les parents et l'école qui s'en occupent parait, de nos jours, incongrue : étrange ! Mon cas : 1 heure de sport par jour, manger uniquement à l'heure des repas : résultat = je mange à peu près n'importe quoi, mais je suis en pleine forme. Ce ne sont pas les aliments qui "engraissent" nos enfants, c'est leur mode de vie de plus en plus à base de faignantise, de grignotage (j'ai faim, je ne vais quand même pas attendre l'heure du repas ... avec les parents qui suivent ...).

  • Liberté, le 31/07/2007 à 17h15

    Les faites ci , faites ça . Le Big brother qui décide à notre place , le bourrage de crane , la règlementation à tort et à travers , le principe de précaution ... Ras le BOL . Qu'on nous laisse vivre et la dialectique que ça coute à la sécu . pour ce qu'elle rembourse . Qu'on nous lache les bskets , messieurs les fachos de la santé publique .

  • Laurent, le 31/07/2007 à 16h35

    Il y a un autre facteur qui n'est pas pris en compte dans cette merveilleuse analyse... le facteur RAS LE BOL! Ras le bol de voir des messages moralisateurs du genre "faites ceci" "attention à cela" "mangez ci, buvez ça" !! Et je ne suis pas du tout le seul de cet avis, toutes les personnes avec qui j'ai parlé à un moment ou un autre des messages énervants (pour rester poli) pensaient le même genre de chose... C'est bien simple, dès que je vois apparaitre ce genre de truc je zappe...

  • Tazou, le 31/07/2007 à 15h56

    De toute façon, c'est pas ça qui me fera changer mes habitudes alimentaires.... ça serait plutot la baisse des prix ou une augmentation de salaire...

  • Cindy, le 31/07/2007 à 15h37

    Il faudrai peut être controler ce que contienne nos aliments avant d'engager de telle campagne car quand on voit des substances dangereuse dans les déodorants ( aluminium ) ou dentifrice...Pourquoi les pouvoirs publics n'exigent pas des controles de chaque biens de consommation ?

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