Médecin prenant la tension d'un patient © TF1/LCILes réactions n'ont pas tardé. Professionnels de santé et syndicats ont dit mardi leurs craintes après les annonces du président de nouvelles franchises médicales en 2008 (lire notre article). A l'origine cette franchise devait réduire le déficit de l'assurance maladie, mais elle sera finalement destinée à financer la lutte contre la maladie d'Alzheimer et le cancer.
Aussitôt, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a estimé qu'il s'agissait d'une "mesure particulièrement inégalitaire". Selon lui, "on s'éloigne un peu plus encore des principes de la Sécurité sociale". Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) a de son côté dénoncé le fait qu'avec ce système "les malades trinquent pour les malades". "C'est la poursuite d'un renversement déjà amorcé dans notre modèle de solidarité", a ajouté le Collectif. L'AD-Pa, qui regroupe les directeurs de maisons de retraite et de services à domicile, s'interroge pour sa part sur "les moyens et les financements" accompagnant les annonces du chef de l'Etat.
"Injustes et insuffisantes"
Pour le PS, "Nicolas Sarkozy persiste dans l'hypocrisie". Il "utilise la compassion en direction des malades du cancer ou d'Alzheimer pour justifier une mesure impopulaire destinée à combler pour partie les conséquences de la politique de la droite en matière de protection sociale", estiment les socialistes Pascal Terrasse et Claude Pigement. Et ces franchises "pénaliseront les malades" et "toucheront les familles les plus modestes". Selon le socialiste Henri Emmanuelli, ces annonces sont "à la fois injustes et insuffisantes".
Un collectif réunissant des professionnels de santé, des partis politiques, des syndicats et des associations (Attac, FSU, CGT, PS, PCF...) a appelé, le 24 juillet, à se mobiliser le 29 septembre contre cette mesure. Une pétition a en outre été lancée par des acteurs de la santé, dont les médecins et écrivains Christian Lehmann et Martin Winckler. Déjà Martin Hirsh, Haut commissaire aux solidarités actives, avait émis des réserves et proposé la création d'un "bouclier sanitaire" permettant que les sommes restant à la charge du patient ne puissent dépasser de 3 à 5% de son revenu.
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