des chirurgiens au bloc opératoire © LCIAprès avoir fait parlé de lui en 2004 car sauvé de la fermeture par Philippe Douste-Blazy, le service de Saint-Affrique est à nouveau sur le point d'être fermé. C'est un article du Parisien/Aujourd'hui en France daté du jeudi 19 juillet qui a tout déclenché en reprenant un rapport de l'IGAS qui affirme que "12 ablations partielles du colon réalisées récemment dans cette unité expérimentale de chirurgie viscérale (...) se seraient soldées par un décès".
Alain Fauconnier, le président du CA du centre hospitalier Emile-Borel de Saint-Affrique et maire PS de Saint-Affrique, s'est déclaré "scandalisé par les informations fausses ou sorties de leur contexte. Personne n'est mort ici et il n'y a eu aucune plainte". Il a également souligné que ces malades étaient "en phase terminale de cancer". Enfin, le président du conseil d'administration de l'hôpital affirme que sur les douze décès cités, six "ne sont pas liés à l'acte chirurgical mais à l'évolution de la maladie", et précise qu'ils avaient eu lieu des semaines plus tard hors du centre hospitalier. Enfin, le maire de Saint-Affrique a mis en cause "la méthode classique utilisée par le professeur Guy Vallencien", le secrétaire général du Conseil national de la chirurgie, pour "discréditer les petits hôpitaux" et "fragiliser le personnel".
En cas de risque avéré, le service sera fermé
Mais le rapport n'est pas fini selon le ministère de la santé car il manque encore la phase de contradiction. La Directrice des Hôpitaux Annie Podeur a souhaité jeudi "accélérer" la mission de l'Inspection des affaires sociales sur l'hôpital de Saint-Affrique : " Nous avons le devoir d'aller très vite : on va accélérer le calendrier de quelques semaines et s'il y a un risque avéré pour la santé des patients et la qualité des soins, la ministre de la Santé prendra toutes les dispositions qui s'imposent", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse au ministère de la Santé.
La phase contradictoire au cours de laquelle l'Igas doit entendre les personnels soignants et paramédicaux de l'hôpital aura donc lieu plus tôt que prévu. Elle a également ajouté : "A la demande de Roselyne Bachelot, je suis venue vous dire que la mission pilotée par l'Igas n'était pas une mission d'inspection, mais d'évaluation".
Un service de chirurgie pas comme les autres
Le service de chirurgie de l'hôpital de Saint-Affrique n'est pas un service comme les autres. En 2004, il avait déjà été menacé de fermeture après une fusion ratée avec le centre hospitalier de Millau. Selon Valérie Hanon, chargé de mission à l'Agence Régionale de l'Hospitalisation des Midi-Pyrénées, "les blocs opératoires n'étaient pas aux normes ». C'est Philippe Douste-Blazy, à l'époque ministre de la santé, qui avait empêché la fermeture du service en proposant une expérimentation de deux ans avec une remise en état des équipements. Alain Fauconnier, également président de la coordination nationale de défense des petits hôpitaux, voulait montrer qu' "une chirurgie de proximité pouvait atteindre les impératifs de sécurité et de qualité des soins".
Actuellement, selon les chiffres de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation des Midi-Pyrénées, le service de chirurgie de l'hôpital de Saint-Affrique comprend deux chirurgiens qui travaillent à temps-plein et des médecins intérimaires. Alain Fauconnier affirme qu'il "y a plus de 500 interventions par an dans l'établissement " pour justifier l'existence du service de chirurgie. Mais l'Agence Régionale de l'Hospitalisation des Midi-Pyrénées, contactée par la rédaction de LCI.fr, affirme qu'en 2005, l'hôpital a accueilli 381 séjours chirurgicaux.
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