Ils sont présents partout, et souvent dans les aliments dédiés plus particulièrement aux enfants... Selon une étude britannique publiée jeudi en ligne par la revue médicale The Lancet, les colorants et additifs alimentaires, ces produits ajoutés aux produits alimentaires afin d'en améliorer la conservation, le goût ou l'aspect, ou d'en modifier la couleur, augmenteraient le niveau d'hyperactivité chez les enfants.
Cette étude, qui a porté sur 153 enfants de trois ans et 144 enfants de 8-9 ans, montre, selon les chercheurs, "que les effets défavorables ne sont pas seulement constatés sur des enfants ADHD (ndlr : souffrant de troubles de l'hyperactivité), mais peuvent aussi être constatés en population générale". Les effets ont été montrés pour des enfants "avec un éventail complet de degrés d'hyperactivité". "En général, les enfants qui ont pris les additifs se sont rapprochés d'environ 10% de la définition d'enfant hyperactif", précise l'étude.
Bruxelles planche sur l'étude
L'hyperactivité est associée à des troubles de la concentration et de l'attention et des difficultés d'apprentissage, notamment pour la lecture. Le nombre d'enfants ADHD a plus que triplé en 25 ans aux Etats-Unis, atteignant 2,84 millions en 2001-2002, derniers chiffres connus. En France, selon des données récentes, environ un enfant sur 400 prendrait de la Ritaline, médicament amphétaminique, parce qu'il est jugé hyperactif.
La Commission européenne a annoncé jeudi avoir chargé l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) d'examiner cette étude pour, si besoin, décider, "s'il faut prendre des mesures supplémentaires au sujet des additifs concernés". Les cocktails d'additifs administrés contenaient un conservateur, le benzoate de sodium (référencé E211 dans l'Union européenne) et différents colorants alimentaires : jaune orange (E110), carmoisine (E122), tartrazine (E102), ponceau 4R (E124), jaune de quinoléine (E104) et allura red AC (E129).
Indépendamment de ce dernier développement, l'EFSA réexamine actuellement tous les additifs alimentaires autorisés dans l'Union européenne pour s'assurer qu'ils sont toujours sans danger au vu des plus récentes découvertes scientifiques, selon la Commission.







