© sxc.huLe constat est cruel pour le système de la "permanence de soins" (PDS, gardes et astreintes médicales), chargé d'accueillir et d'orienter les patients nécessitant des soins à toute heure du jour ou de la nuit : "La PDS se révèle en fait globalement peu fiable, fragile et coûteuse. Le désengagement progressif des médecins libéraux est le témoin de la fragilité à court terme et de l'absence de pérennité du dispositif actuel", écrit l'auteur d'un rapport rendu public par le ministère de la Santé, Jean-Yves Grall, conseiller général des établissements de santé.
Il note ainsi "une orientation ou un recours spontané vers les structures d'urgences, dont on observe l'accroissement continu de l'activité dans les services d'urgence ou au niveau des SMUR", estimant également que "les dépenses de PDS croissent sans cesse pour atteindre hors transports un coût 2006 de l'ordre de 370 millions d'euros".
Mettre en place un vrai "contrat de volontariat"
Dans un communiqué, l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuf) se dit "en accord avec ce constat qui est fait d'un dispositif aléatoire, instable, fragile ne favorisant pas l'accès aux soins pour la population". Et elle souligne : "Rappelons que sous la pression des syndicats libéraux (...), il avait été mis fin en 2002 à l'obligation de garde de nuit en ville. Depuis, des sommes considérables (prés de 400 millions d'euros en 2006) ont été données pour valoriser les gardes des médecins libéraux avec très peu d'effets".
A ce constat fort peu probant, le rapport propose cependant des solutions. Jugeant nécessaire de "remettre à plat la situation et de changer de stratégie", il préconise notamment de "remettre le patient au premier plan, de même que la notion de service à la population", tout en "ajustant le coût pour la collectivité". Se prononçant contre un retour à l'obligation de participation des médecins, mais aussi contre le transfert "au seul secteur hospitalier" de ces gardes et astreintes, il propose de "favoriser le volontariat et la pérennité du dispositif par un véritable contrat de volontariat". Il se prononce également pour la disparition de la "sectorisation telle que définie actuellement" au profit d'une "organisation homogène, lisible et décloisonnée, assurant la synergie de tous les acteurs".
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui fait de la "rénovation du dispositif de la permanence des soins une priorité de son action", "souhaite que soient organisés, dès la rentrée, des échanges avec l'ensemble des acteurs de la permanence des soins pour étudier ces propositions et prendre au plus tôt les mesures qui s'imposent", a fait savoir le ministère.
D'après agence
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