Le chlore des piscines favoriserait l'asthme infantile

le 06 octobre 2007 à 14h06 , mis à jour le 06 octobre 2007 à 14h13

La chloration des piscines favoriserait le développement d'affections allergiques, même en l'absence d'antécédents familiaux, selon une équipe de chercheurs belges.

[Expiré] Piscine eau noyade © Sxc.hu

Le chlore de l'eau des piscines favoriserait l'asthme infantile, selon une étude réalisée au printemps 2006 par des chercheurs belges auprès de 847 adolescents âgés de 15  ans en moyenne. La fréquence des cas d'asthme augmente avec le temps passé en piscine, a expliqué vendredi le Pr Alfred Bernard (Université catholique de Louvain) lors de "rencontres scientifiques" organisées par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement du travail (Afsset) qui a financé ces recherches.
 
Parmi les 847 adolescents, de trois écoles secondaires belges, près de 150  avaient des cours de natation dans une piscine non chlorée, désinfectée par un  système d'ionisation cuivre argent. Les enfants ayant fréquenté ce type de piscine sans chlore "ont quatre fois moins de risque d'être asthmatique que le reste de la population et aussi deux  fois moins de risque de souffrir d'un rhume des foins ou d'une rhinite allergique", selon le Pr Bernard. Les adolescents participant à l'étude ont été soumis à des prises de sang pour vérifier s'ils avaient un "terrain" allergique. Les parents ont été interrogés sur la présence d'asthme ou d'allergies dans la famille et sur le nombre d'heures passées dans des piscines désinfectées ou non au chlore, couvertes ou à l'air libre.    
 
Risque élevés avant sept ans
 
L'étude montre que chez les jeunes déjà sensibilisés aux allergènes, le  risque d'asthme est dix fois plus élevé lorsque la durée cumulée de  fréquentation de la piscine chlorée a dépassé mille heures dans leur vie. La chloration de la piscine, susceptible d'engendrer des sous-produits potentiellement toxiques irritants pour l'appareil respiratoire, favoriserait le développement d'affections allergiques, même en l'absence  d'antécédents familiaux, selon l'équipe belge.
 
L'effet serait même plus important dans les piscines extérieures, surtout les piscines privées souvent trop chlorées par les particuliers, estime le Pr  Bernard, relevant aussi que les enfants y passent plus de temps dans la journée  que dans les piscines publiques. Il invite à réduire la concentration en chlore dans les piscines en se référant aux normes allemandes, ou à utiliser des méthodes alternatives de désinfection.
 
Le Pr Bernard qui avait déjà exposé ses résultats lors d'un récent congrès  de pneumologie à Stockholm, met surtout en garde contre le risque pour les enfants les plus jeunes, avant l'âge de 7 ans, particulièrement les bébés nageurs dont la muqueuse bronchique pourrait présenter des lésions. Une étude italienne présentée lors du congrès de la société européenne de  pneumologie a montré que les jeunes nageurs s'entraînant régulièrement pour la  compétition étaient également menacés : la moitié des 30 adolescents suivis souffraient d'une hyperréactivité bronchique, les trois-quarts étaient  sensibilisés aux allergènes aériens.

D'après agence

le 06 octobre 2007 à 14:06
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