Le vendeur d'aspirateur offre son rein

Par Matthieu DURAND, le 11 octobre 2007 à 07h00 , mis à jour le 11 octobre 2007 à 15h27

Un Américain en attente d'une transplantation a reçu le rein d'un VRP qui venait lui vendre un aspirateur. Récit d'une belle histoire.

TF1-LCI greffe organe(photo d'archives) © DR

C'est une histoire incroyable qui réconcilie avec la profession de VRP. Paul Sucher, un Américain de 35 ans vivant à Twin Falls dans l'Idaho, attendait depuis trois ans de se faire greffer un rein et c'est un représentant de commerce qui le lui a offert. 

Plus d'infos

A la suite d'un problème d'hypertension, Paul Sucher perd l'usage de ses reins, raconte le Times-News, un journal de l'Idaho, dans le Nord-Ouest des Etats-Unis. L'homme passe trois ans sous dialyse et traitement médical. Son nom est inscrit sur une liste d'attente de l'Université de Denver (Colorado), qui compte près de 500 autres receveurs potentiels.

Pour corser la situation, le type sanguin de Paul est O+. Ce qui signifie que seule une personne du même rhésus peut lui donner son rein. Si les tissus sont compatibles... "Tu attends le rein d'un mort", explique Paul Sucher au journal. Et "il n'y en a jamais assez".

La certitude du VRP

C'est alors que Jamie Howard, 35 ans, frappe à la porte du foyer Sucher. Il vend des aspirateurs. L'épouse de Paul explique que la famille n'a pas les moyens d'en acheter un. Le vendeur, surpris, lui demande pourquoi et découvre la situation de Paul. "Je suis allé dehors, j'ai prié puis appelé mon père et ma femme", explique le VRP, qui vient de décider d'offrir un de ses reins à Paul. "C'était quelque chose que j'étais appelé à faire", précise-t-il.

"Il savait, quand je lui ai parlé ce soir-là à la maison, il savait qu'il allait être compatible", se souvient Paul Sucher. Une certitude qui n'allait pourtant pas de soi. Reste à convaincre l'hôpital de l'Université du Colorado. Le représentant passe une batterie de tests médicaux pendant deux à trois mois. Mais l'équipe de chirurgiens veut être certaine qu'aucun accord financier n'a été conclu entre les deux hommes. Paul s'énerve : "C'est ma vie qui est en jeu. Je n'ai pas un an à perdre". Et souligne que les seules personnes à gagner de l'argent sur cette opération à 250.000 dollars étaient... les chirurgiens eux-mêmes.

Une seule famille

L'opération s'est déroulée le 8 août dernier. Elle a duré trois heures, au lieu des quatre heures et demie prévues. 72 heures plus tard, les deux hommes quittaient l'hôpital. Aujourd'hui, l'état de santé de Paul s'est stabilisé. Il indique au Times-News qu'il va pouvoir voir son fils aller à la fac, contrairement à quinze amis de son centre de dialyse qu'il a vus mourir depuis près de trois ans.

Jamie, lui, estime que davantage de gens seraient prêtes à donner leur organe si elles savaient que l'opération n'était pas aussi douloureuse que ce qu'ils pensaient. Une belle histoire qui a rapproché les deux familles, devenues amies. La tante de Jamie a même épousé un cousin de Paul.

Par Matthieu DURAND le 11 octobre 2007 à 07:00
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13 Commentaires

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  • nouarz, le 15/12/2009 à 10h54

    Bonjour je voudrais proposer un des reins

  • Pascale6928, le 16/08/2009 à 13h28

    Un e sacré leçon de vie!! Je pense que l'on ne remercie jamais assez une tel acte!!! Magnifique....

  • Ghighi, le 24/04/2009 à 14h39

    Très belle histoire, l'américain a eu de la chance de tombé sur une personne aussi gentil. cela fera peut être bouger les gens sur cette question.

  • Baptiste, le 13/10/2007 à 23h13

    Très belle histoire, qui devrait inciter à la sensibilisation des gens sur le don d'organes, et finalement de vie!

  • Regis, le 12/10/2007 à 12h12

    Là, je dis RESPECT :-)

  • Renaud, le 11/10/2007 à 11h10

    Cette opération n'aurait pas put être réalisée en France. Afin de protéger notre société de trafic "morbides" la loi n'autorise que la famille ou , depuis douste blazy ministre de la santé, le conjoint. Le dont du vivant reste une solution ambigüe car elle inclus les personnes dans des situations qui peuvent être difficiles à gérer sur le plan psychologique et relationnel. La meilleure solution reste le prélevement sur un cadavre. Cette opération doit rester anonyme. Les gens devraient être obligatoirement sensibilisés une fois dans leur vie au dont d'organe. Renaud (34 ans transplanté du rein le 10/07/07 à Brest)

  • Alexis, le 11/10/2007 à 10h43

    "Je suis allé dehors, j'ai prié, ..." quand je pense que j'ai lu il n'y a pas si longtemps un commentaire sur "la religion, l'invention de l'homme la plus destructive pour l'humanité" ! La religion, c'est aussi et surtout le plus court chemin pour passer de l'égoisme à l'altruisme. Un bel exemple à méditer !

  • Baillot, le 11/10/2007 à 10h42

    Encore un polar à l'américaine!!!

  • Johanna, le 11/10/2007 à 10h20

    Une très belle histoire humaine...

  • Bob, le 11/10/2007 à 10h01

    Pour une fois que vous publiez une info positive sur les Américains, ça méritait d'être souligné ! J'attends de voir les réactions des éternels américanologues auto-proclamés...

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