Les homosexuels bientôt autorisés à donner leur sang

Par Matthieu DURAND, le 27 novembre 2007 à 18h04 , mis à jour le 27 novembre 2007 à 18h39

Roselyne Bachelot entend lever l'interdiction faite aux homosexuels de donner leur sang. Une décision "éminemment politique", selon le professeur Willy Rozenbaum.

TF1-LCI © TF1-LCI

Roselyne Bachelot souhaite "suspendre l'interdiction" pour les homosexuels de donner leur sang. Interdiction qu'elle a qualifiée mardi sur France Info de "démarche discriminatoire qui n'est pas tolérable".

Cette suspension interviendra "d'ici quelques jours", a-t-elle indiqué, précisant qu'elle serait accompagnée d'une "campagne d'informations" sur les risques de transmission du sida, à destination des homosexuels. L'association SOS Homophobie s'est félicitée de cette annonce. "C'est une bonne chose", déclare-t-on à l'association Aides, tout en rappelant que cette interdiction ne représente "pas une priorité dans les discriminations faites aux gays".  

 L'interdiction a été établie en mars 1983 par la Direction générale de la santé à l'attention des populations à risque, principalement les homosexuels et les toxicomanes, l'objectif étant de limiter les risques de contamination par le virus du sida.

Pratiques sexuelles à risque
 
Aujourd'hui, lors d'une collecte de sang, il est ainsi demandé au donneur potentiel s'il a déjà eu "des relations sexuelles entre hommes". En cas de réponse positive, le don ne peut pas se faire. Avec la levée de l'interdiction, seraient désormais exclus les personnes ayant déclaré avoir eu "des pratiques sexuelles à risque".

"Si on se place sur un plan strictement arithmétique, sur le papier, il n'est pas totalement illégitime d'envisager ce type d'interdiction", explique à LCI.fr le professeur Willy Rozenbaum, président du Conseil national du sida (CNS). Les homosexuels, rappelle-t-il, constituent une "population à forte prévalence de VIH". Selon une étude de l'Institut de veille sanitaire (InVS) publiée mardi, "29% de l'ensemble des découvertes de séropositivité" concernent les homosexuels (Lire "Sida : moins d'infections mais un problème persistant").

Discrimination contre précaution

"Les mesures de santé publique ne s'adressent pas à des individus mais à des populations", justifie-t-il encore. "Maintenant, c'est vrai, poursuit le professeur, si cette mesure est vécue comme une discrimination, elle va conduire certains donneurs à ne pas déclarer leur homosexualité" et aboutir ainsi à l'effet inverse de l'objectif affiché par les autorités.

Le président du CNS précise que l'interdiction faite aux homosexuels s'appuie sur le principe de précaution, "qui est inscrit dans la Constitution". Pour autant, il a "autant servi à résoudre le problème qu'à créer des effets pervers", reconnaît Willy Rozenbaum. Et de souligner que ce principe a également servi à "protéger les responsables administratifs" d'un éventuel nouveau scandale du sang contaminé.

La décision d'interdire ou d'autoriser les homosexuels à donner leur sang est donc "éminemment politique", conclut le professeur. L'an dernier, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, s'était déjà prononcé pour la suspension de cette interdiction. C'est finalement Roselyne Bachelot qui a décidé de mettre en pratique cette décision. Une décision qui semble toutefois avoir pris de court plusieurs des organismes concernés par cette question.

Par Matthieu DURAND le 27 novembre 2007 à 18:04
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25 Commentaires

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  • Zargos, le 29/11/2007 à 13h46

    A "A" de Paris Tu dis "Les dons de sang sont systématiquement testés.". Mais en 1980 aussi, ils l'étaient... en 1988 aussi... à chauqe fois *contre quelquechose de connu*. Pas contre l'inconnu. Et tout le problème de cette autorisation de don ou pas, c'est cela... PAS LE VIH !!!!! Ce n'est pas le VIH qui fait qu'on refuse les transfusé, les gens ayant résidé en GB dans les années 80, etc, etc... Et je ne sais pas d'où sort cette référence "Mars 1983"... Pour moi, les sujets ayant des comportements sexuels "à risques" ont *de tous temps* été refusés... implicitement (prélevé et poche détruite) ou explicitement, ce qui en terme d'éthique me semble quand même mieux... Expliquer, expliquer et encore expliquer que ce dossier ne relève *que* d'une préoccupation de santé publique.

  • Zargos, le 29/11/2007 à 13h38

    A Laurent de Toulon : N'importe quoi... Ton raisonnement relève d'un manque grave d'information. Sur terre il y a plus d'hétero atteint du SIDA que d'homo, certes. Mais sur terre il y a *BEAUCOUP* plus d'hétero d'homo. Ce qui compte dans ce dossier, c'est le pourcentage de séropositifs dans un groupe considéré. C'est le pourcentage qui représente le *risque*, pas le nombre absolu. Merci de me publier

  • Eric, le 29/11/2007 à 10h41

    Si le sang est teste de facon sure avant d'etre donne au patient, il ne devrait y avoir aucune restriction de donneurs,. E tpuis qui prouve que les donneurs disent la verite ? Seuls les tests a 100% sont acceptables. Mais cette interdiction faite des 1983 se justifiait probablement a l'epoque dans la mesure ou les tests etaient moins performants et, peut-etre meme, inexistants. Rappelons-le, la maladie apparaissait a grande echelle pour la premiere fois, meme si des symptomes avaient ete percus chez des patients aux USA dans les annees 50. Merci de publier.

  • Laurent, le 28/11/2007 à 21h14

    Il n'y a objectivement AUCUNE raison d'interdire aux homos de donner leur sang... Tout ça c'est de l'ignorance, et le commentaire de Jean de Rouen le montre bien... Pourquoi un homo qui a une relation sérieuse et qui se protège ne pourrait pas donner son sang alors qu'un hétéro qui irait baiser à droite à gauche tous les soirs pourrait le faire ?!? Sérieux, c'est pas les homos qu'il fallait exclure du don du sang, c'est ceux qui vont coucher partout ou ils peuvent, homos comme hétéros... C'est peut être une décision avant tout politique, mais Roselyne Bachelot a toujours été une des rares personnes à droite à être suffisamment intelligentes à ce sujet... Et quand bien même, de toute façon, chaque don de sang est vérifié et analysé un minimum, que je sache!! Les seules personnes qui seront donc contre cette mesure, c'est les réactionnaires, les bigots ou les ignorants...

  • Pierre, le 28/11/2007 à 21h05

    Question: comment sait-on qu'une personne donnant son sang est homo???

  • LA, le 28/11/2007 à 19h15

    Moi j'ai rien contre personne. Les homos, les hétéros, les gros popos doivent tous être traité avec respect et dignité (quoique j'avoue les pratiques homosexuelles me dégoute, sorry!). Alors voilà, j'ai décidé de ne pas me faire transfuser. Il existe aujourd'hui beaucoup techniques et médicaments pour éviter les transfusions de sang. Les médecins les connaissent et les pratiqueent couremment. Certains sont même spécialement formés dans ce domaine. Avantages: moin onéreux qu'une transfusion, moin risqué et, souvent, hospitalisation moin longue. Mais chacun fais ce qu'il lui plaît... Merci!

  • Alphonse, le 28/11/2007 à 18h46

    1)Arrêtez de dire qu'il y a plus d'hétéro vih+ que d'homo, même si c'est vrai en chiffre absolu, puisqu'il y a bcp plus d'hétéro que d'homo tout court, mais si on regarde les taux de contamination, les homosexuels sont significativement plus à risque. 2) les poches de transfusion sont vérifiées, mais il peut arriver des faux négatifs, et le questionnaire pré-don est important pour les éviter. Si les homos n'ont pas de conduite à risque et qu'ils respectent le questionnaire, il n'y a aucune contre-indication au don. Il faut savoir que de nombreux jeunes adultes sont porteurs sains, surtout chez les homos. 3)Donc, même si ils font parti d'un groupe à risque, il n'y a aucune raison que les homosexuels sans pratique dangereuse ne puissent pas donner leur sang, mais je pense que cette annonce politique n'a pas été murement réfléchie, et qu'un comité formé de médecins de santé publique devrait être réuni et décider.

  • V, le 28/11/2007 à 17h49

    Il faut quand même preciser que tout le monde ne dit pas la vérité lors des questions posées avant le don du sang ! et en plus le poches sont je l'espère quand même verifiées avant utilisation. J'ai eu amie qui a appris avoir le paludisme après un don du sang, cela prouve bien que le sang est examiné...alors arretez d'avoir peur !

  • A, le 28/11/2007 à 17h38

    Les 2 premières réactions font froid dans le dos tellement elles sont stupides. Les dons de sang sont systématiquement testés. En autorisant les homosexuels à donner leur sang on risque juste d'avoir plus de dons rejettés suite à des tests... à voir.

  • Nini, le 28/11/2007 à 15h29

    C'est un bonne nouvelle sachant qu'on manque de sang, le tout c'est d'avoir un bon suivi des donneurs.

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