© sxc.huA l'occasion de la Journée mondiale du sida, qui se déroule ce samedi, le Planning familial, Sida Info Service et Act Up Paris organisent un colloque de deux jours consacré à la situation des femmes face au VIH. Constat : hommes et femmes ne sont pas égaux devant la maladie. Plus exactement, les femmes sont "moins égales" que les hommes.
Sida : prévention et dépistage au menu de la Journée mondiale
En France, ce sont 144.000 personnes qui vivent avec le VIH et 7.000 contaminations nouvelles en 2008, selon la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
Publié le 01/12/2009
"C'est la conjonction de plusieurs inégalités - physiologique, sociale, culturelle... - qui participent à une plus grande vulnérabilité des femmes", explique à LCI.fr Hélène Freundlich, coordinatrice des actions à destination des femmes et des migrantes au sein de Sida Info Service.
"Le sperme contient plus de virus que les sécrétions vaginales, pointe l'organisme sur son site internet. La durée d'exposition au VIH est plus importante chez la femme. Le sperme peut rester jusqu'à 8 jours dans le vagin (la durée d'exposition de l'homme est de quelques secondes)." Par ailleurs, "la surface des muqueuses du sexe féminin (intérieur du vagin) est plus grande que celle de l'homme (le gland)". D'où une "surface d'échange et d'entrée des virus, microbes, etc. (...) plus importante". Enfin, Sida Info Service souligne que "les muqueuses sont fragilisées au moment des règles, à la ménopauses, en présence d'infections sexuellement transmissibles" mais aussi lors de "rapports sexuels non désirés [lesquels peuvent] entraîner des lésions au niveau du vagin". Selon Hélène Freundlich, "les femmes ont plus de difficulté à exiger que leur partenaire recoure à la prévention".
"Recherche genrée"
A cette vulnérabilité physiologique, s'ajoute une inégalité thérapeutique. "Les femmes ne sont pas assez représentées dans les protocoles de recherche", déplore la coordinatrice de Sida Info Service. Les traitements anti-sida sont mis au point sur la base d'études et de tests menés principalement sur des hommes. A l'origine, cela s'explique par le fait que les personnes infectées par le virus étaient en très grande majorité des hommes. Mais ce n'est plus le cas actuellement : en 2006, 33% des 27.000 malades du sida en France sont des femmes (47% au niveau mondial) et, en 2005, elles représentaient 42% des 6.900 nouvelles contaminations.
"La masse corporelle des hommes est différente de celle des femmes ; or, les trithérapies sont référencées [se basent, NDLR] principalement vis-à-vis de la masse corporelle masculine, ce qui a des incidences" sur la façon dont les femmes acceptent le traitement, indique Hélène Freundlich. "Les traitements ont également des incidences d'un point de vue gynécologique, notamment à la ménopause, et cela n'est pas pris en compte", regrette-t-elle.
Ces deux jours de débats et de réflexion déboucheront sur des "revendications et des recommandations", notamment en faveur d'une "recherche genrée", qui fasse la distinction entre hommes et femmes. Des propositions que Roselyne Bachelot, qui a inauguré vendredi matin le colloque, a déclaré attendre avec impatience.
| Capote rose pour Vélib |
Act Up a équipé vendredi des Vélib d'un millier de selles rose fluo dans une dizaine de quartiers de Paris. "Et, vous vous faites quoi pour vous protéger?", c'est le message porté par ces "capotes" roses, assorti d'un sachet contenant un préservatif féminin, un préservatif masculin, du gel et une brochure de prévention. ![]() |
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