© LCI-TF1"Si rien ne change", la fréquence de l'obésité en France dans 25 ans risque d'atteindre celle des Etats-Unis aujourd'hui, a averti jeudi un spécialiste de la nutrition. Professeur de nutrition à l'université Paris VI et responsable du pôle d'endocrinologie de la Pitié-Salpêtrière, Arnaud Basdevant a toutefois estimé qu'il est encore temps d'éviter cette situation. "Toutes les tranches d'âge sont concernées", a-t-il souligné lors de la Journée de l'Ordre des pharmaciens. L'obésité, a-t-il ajouté, est "l'archétype de la maladie moderne liée au comportement et à l'environnement", déterminée pour partie par des facteurs biologiques individuels.
Contrairement à d'autres maladies (hypertension, diabète...), elle n'est pas définie seulement quantitativement, mais "soumise à un jugement moral", a dit Arnaud Basdevant, soulignant que "la discrimination est partout, y compris dans le système de soins". Il a mis en garde contre les "normes absolues", invitant à ne pas "transformer tous les Français en maigres, ce qui serait catastrophique". Pour Arnaud Basdevant, l'indice de masse corporelle (IMC, rapport poids/taille utilisé pour déterminer obésité et surpoids) a des "limites", car il ne prend pas en compte la masse grasse.
La prévention doit être "multipartenariale", a-t-il estimé, en dépit "d'intérêts et d'influences divergentes". Le programme national nutrition santé (PNNS) lancé en 2001, est, selon ce spécialiste, un bon outil de prévention, même si ses résultats ne sont pas visibles immédiatement. "Il faut trouver de nouveaux modèles alimentaires qui tiennent compte de la culture et de l'évolution du mode de vie", a-t-il conclu. En France, l'obésité concernerait près de 10% de la population.
(D'après agence)
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