La riposte de l'hôpital aux surirradiés d'Epinal

le 30 novembre 2007 à 11h11 , mis à jour le 30 novembre 2007 à 22h29

L'hôpital conteste sa responsabilité dans la surirradiation et assigne neuf patients réclamant des indemnités devant le tribunal administratif.

TF1/LCI - Traitement par radiothérapie à l'hôpital d'EpinalTraitement par radiothérapie à l'hôpital d'Epinal © TF1/LCI

La gravité de l'affaire est admise par le ministère de la Santé, elle a donné lieu à une enquête de l'Autorité de sûreté nucléaire : à l'hôpital d'Epinal, près de 5000 malades ont été contaminés, à des degrés plus ou moins graves, par des accidents de radiothérapie. Certains d'entre eux se sont regroupés dans l'association vosgienne des surirradiés de l'hôpital d'Epinal (AVSHE) qui réclame une reconnaissance du préjudice subi. Mais cette reconnaissance tarde. En septembre, Roselyne Bachelot s'était engagée auprès de l'AVSHE à ce que les victimes soient indemnisées "de la meilleure façon et dans les meilleurs délais". Philippe Stabler, président de l'association vosgienne, regrette : "le premier geste qui nous permet de reconnaître notre statut de victime est notre indemnisation. Mais ces indemnisations ne viennent pas". Pire : l'hôpital d'Epinal attaque aujourd'hui devant le tribunal administratif des patients qui demandaient le remboursement de frais (protections, etc.) liés à leur surirradition.

Neuf patients ont ainsi reçu une assignation, en date du 16 novembre, devant le tribunal administratif de Nancy. "Ils ont 15 jours à partir de cette date pour déposer un mémoire justifiant de leur état", a expliqué Me Gérard Welzer, avocat de l'association vosgienne, dont trois des neuf patients sont membres. "Il est très rare qu'un hôpital prenne l'initiative. D'habitude, ce sont les citoyens qui les poursuivent. Par cette procédure, validée par le ministère, les victimes sont méprisées", a-t-il estimé.

"On se moque du monde"

Le centre hospitalier Jean Monnet d'Epinal, dans sa requête au tribunal administratif, remet aussi en question sa responsabilité dans la surexpoition aux rayons X, entre 1989 et 2006, de 4900 patients durant le traitement de leur cancer par radiothérapie. Une surirradiation que plusieurs rapports officiels avaient pourtant ciblée, qui avait été particulièrement forte  dans 24 cas, et qui s'était traduite par 5 décès.

Concernant le surdosage de l'ordre de 8% subi par quelque 400 patients entre 2000 et 2006 (dont font partie les neuf poursuivis), l'hôpital d'Epinal dit ne pas détenir "d'éléments suffisants permettant de déterminer si ces surexpositions sont constitutives de dommages en lien direct avec un manquement et de définir les éventuelles responsabilités des différents acteurs". La survenance de rectites et cystites radiques est "habituelle" après une radiothérapie conformationnelle de la prostate, même si le taux de complication "pourrait se situer au-dessus des taux" normaux, affirme le centre hospitalier. L'hôpital prétend également "ne (disposer) d'aucun élément formel lui permettant d'établir (sa) responsabilité" dans la surirradiation, certes moindre, de 4500 personnes entre 1989 et 1999.

"Des membres du cabinet de Roselyne Bachelot nous ont indiqué que cette procédure était bonne. On se moque du monde. La ministre de la Santé nous a menti", s'est indigné Me Welzer, qui l'a accusée de tenir un double discours, "l'un à Paris et un autre radicalement différent au niveau local".

D'après agence

le 30 novembre 2007 à 11:11
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