Traitement par radiothérapie à l'hôpital d'Epinal © TF1/LCIUne sixième personne est décédée parmi les 145 victimes d'une surdose de radiations lors de leur traitement à l'hôpital Rangueil de Toulouse, selon l'association SOS irradiés 31. Agé d'une cinquantaine d'années et originaire du Portugal, l'homme vivait à Perpignan.
Ce décès intervient alors qu'un rapport d'expertise précise jeudi que l'utilisation d'un matériel d'étalonnage inadapté est à l'origine des surdoses de radiations. "Il s'agit d'une seule erreur, et non d'une cascade de dysfonctionnements comme dans le cas d'Epinal", a souligné le Pr Patrick Gourmelon, directeur de la radioprotection à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).
L'hôpital de Toulouse utilisait un appareil de radio-chirurgie extrêmement perfectionné de la société Brainlab, destiné à irradier les tumeurs cérébrales profondément situées, et donc difficiles à opérer, au millimètre près. Pour adapter les microfaisceaux à la tumeur à traiter, l'appareil utilise un "collimateur", qui module la forme du faisceau en fonction de la géométrie de la tumeur. Un "détecteur" reçoit le flux des photons et mesure la dose reçue par le patient. Selon l'IRSN, c'est ce détecteur, d'une taille trop importante par rapport aux faisceaux, qui a causé l'erreur d'étalonnage, en sous-estimant la dose. Dés lors, tous les calculs du logiciel étaient faux.
"Traitement inégalitaire"
Sur la base de son rapport, l'IRSN formule un certain nombre de recommandations techniques sur les tests de ce type d'appareil. Reste que le lien entre les décès et les surexpositions n'a pas été formellement établi. L'IRSN mène une expertise "patient par patient pour déterminer le risque des surdoses reçues sur les parties sensibles du cerveau", a précisé le Pr Gourmelon. Cette enquête "complexe" doit aboutir en mars 2008.
Me Christophe Lèguevaques, l'avocat de l'association SOS irradiés 31, a indiqué qu'il devait être reçu jeudi après-midi avec la présidente de l'association Odile Guillouët au ministère de la Santé pour discuter du "traitement inégalitaire" entre les victimes de Toulouse et celles d'Epinal. Au cours de cette rencontre, l'association présentera également la "commission d'expertise et d'indemnisation", dont la création permettrait une "indemnisation simple, équitable et rapide des victimes de surirradiation au CHU de Toulouse". Le 7 décembre, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a annoncé le versement avant Noël d'une avance de 10.000 euros à 500 surirradiés de l'hôpital d'Epinal.
D'après agence
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