Roselyne Bachelot © TF1/LCI/Christophe Chevalin![]() |
| Bachelot appelle au dialogue |
Fin du délai de grâce : après les ultimes dérogations du 1er janvier, les fumeurs sont désormais priés d'éteindre leur cigarette avant de pousser la porte des bars, restaurants et discothèques. Dès ce mercredi, les contrôles commencent, avec les verbalisations qui pourraient s'ensuivre. Contrôles qui "restent à l'initiative des unités de terrain", a tenu à rappeler la gendarmerie, sans doute par crainte d'encombrement... Néanmoins, "il n'y aura aucun assouplissement à la loi", a souligné Roselyne Bachelot. Et la ministre de la Santé a payé de sa personne pour vérifier la bonne application de la législation, en s'invitant dans des brasseries ou bars de Paris... Verdict : "La législation est parfaitement observée, il n'y a pas du tout de retours d'endroits où ça se passe mal".
Toutefois, dit-on à son ministère, les sanctions seront d'abord limitées car le gouvernement compte sur la pression sociale et l'adoption spontanée de la mesure, s'appuyant sur ce qui s'est passé dans les pays où l'interdiction est généralisée. Pour les contrevenants, la note peut être lourde, les amendes pouvant aller jusqu'à 750 euros. Un fumeur en infraction encourt en théorie une contravention de 68 euros. Cafetiers et restaurateurs risquent 135 euros d'amende en cas de défaut d'affichage de la réglementation ou mise en place d'un emplacement fumeur non conforme. Ils encourent 750 euros s'ils favorisent l'infraction, par exemple en plaçant des cendriers sur les tables.
Xavier Bertrand parie sur l'évolution des mentalités
La France imite plusieurs autres pays européens où l'interdiction de fumer en public est totale, notamment au Royaume-Uni, en Italie ou encore en Suède. L'Irlande fut le premier pays au monde à adopter pareille mesure en mars 2004. En France, la mesure, édictée par un décret de novembre 2006, avait partiellement pris effet le 1er février dernier, cafés, tabacs, restaurants et discothèques disposant d'un délai de grâce de onze mois pour se préparer à l'ère non-fumeur. Elle vise surtout à limiter le tabagisme passif qui, selon les chiffres officiels, provoque le décès de 5000 personnes par an en France. En outre, on recense 66.000 morts imputables au tabac chaque année, dont 20.000 par cancer du poumon.
Mais la loi antitabac ne fait pas l'unanimité et la grogne est perceptible dans certains secteurs professionnels. Pour le président de la Confédération des buralistes, René Le Pape, "le fait de jeter nos clients fumeurs à la rue revient à se tirer une balle dans le pied". Après la visite de Roselyne Bachelot dans plusieurs brasseries de Paris, le patron des buralistes est allé jusqu'à dénoncer le "culot" de la ministre de la Santé. "D'annoncer que tout va bien alors qu'il est encore trop tôt pour faire un premier bilan, je trouve que c'est un peu surprenant", a-t-il déclaré, en critiquant des "conclusions prises à la légère". Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, estime toutefois que l'évolution des mentalités fait que cette interdiction entrera vite dans les moeurs.
D'après agence
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