Divers médicaments © Médiathèque de la Commission européenne"Il n'est pas question de banaliser le médicament. On ne va pas vendre des médicaments entre une boîte de petits pois et une botte de carottes". Roselyne Bachelot n'a pas mâché ses mots, mardi sur RMC Info, pour réaffirmer son opposition à la vente de médicaments en grandes surfaces. C'est "une question de santé publique et de protection du consommateur", a-t-elle assuré.
"Le médicament n'est pas un produit banal", a expliqué la ministre de la Santé, évoquant ses indications, contre-indications et effets secondaires, y compris pour les médicaments vendus sans ordonnance. Et d'insister : "Il s'agit que le médicament soit vendu dans un environnement sécurisé".
Portable pour enfants "pas utile"
La ministre a par ailleurs estimé mardi que le téléphone portable pour le jeune enfant "n'est pas utile", conseillant aux parents "de ne pas acheter ce genre d'appareils". Une question qu'elle veut toutefois aborder "avec prudence", notant que le téléphone portable est aussi "un élément d'alerte" pour les parents. "Ce que nous savons des études n'est pas concluant dans le signe de la dangerosité", a déclaré Roselyne Bachelot, rappelant avoir néanmoins "en vertu du principe de précaution", missionné l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) pour faire le point sur le sujet. "Si les études - mais elles n'en prennent pas le chemin - étaient concluantes (dans le sens de la dangerosité, NDLR), bien évidemment nous interdirions cela", a-t-elle ajouté.
La ministre s'est enfin félicitée du respect de l'interdiction de fumer par "l'immense majorité" des patrons de cafés, y compris à la campagne, malgré "certains irréductibles". Elle a rappelé que les études réalisées dans les pays qui ont interdit la cigarette "montrent qu'à terme la fréquentation des lieux de convivialité n'est pas perturbée, bien au contraire".
| Prescriptions sous influence |
Selon une étude de l'UFC-Que Choisir publiée mardi, "les médecins ne prescrivent pas toujours les médicaments les moins chers, voire même les plus efficaces". Des résultats déjà constatés dans une précédente étude, publiée en septembre dernier. Conséquence : "sur seulement 5 classes de médicaments (14 % des prescriptions de ville) et à qualité de soins au moins équivalente, 1 milliard d'euros aurait pu être économisé de 2002 à 2006, soit 200 millions par an", note l'association de consommateurs. "La prescription est trop largement influencée par l'industrie pharmaceutique, note l'UFC-Que Choisir. (...) Elle oriente la prescription des médecins. La pression de la visite médicale des laboratoires sur les médecins est ainsi plus élevée en France que dans les autres pays européens." Et d'appeler les autorités à mettre en place "1700 visiteurs médicaux publics dont le coût annuel est estimé à 200 millions d'euros, et qui pourrait être financé par la taxe sur les laboratoires pharmaceutiques". |
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