Pierre Meneton est spécialiste de physiologie rénale à l'Inserm © LCI Salières et autres sachets de sel seront retirés des tables d'environ 3.000 restaurants d'entreprises, ce jeudi, à l'occasion d'une "journée sans sel ajouté".
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Les méfaits du sel au centre d'un procès en diffamation
Les méfaits du sel sur la santé étaient au coeur d'un procès en diffamation jeudi au tribunal correctionnel de Paris, les producteurs de sel reprochant à un chercheur de l'Inserm de les avoir accusés de désinformation. Les propos poursuivis par le Comité des salines de France (CSF) remontent à 2006. Pierre Meneton, chercheur à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, avait alors déclaré, dans une interview au mensuel TOC, que "le lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire était très puissant" et "désinformait les professionnels de la santé et les médias" (lire notre interview de Pierre Meneton).
Devant la 17e chambre, Pierre Meneton a réitéré jeudi ses dires, rappelant qu'en France, l'excès de sel était responsable de 100 décès par jour, des décès imputables à des maladies cardio-vasculaires favorisées entre autres par l'hypertension. Il ne se montrait "pas étonné" des poursuites du CSF, les producteurs de sel "ayant poursuivi l'équivalent américain de l'Inserm" en 2003 et des poursuites similaires ayant eu lieu en Grande-Bretagne en 2005. Dans les deux cas, rappelle-t-il, "ils ont perdu".
Soutenu par l'ancien directeur général de la Santé et le journaliste
Selon l'AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), la communauté scientifique admet généralement que 4 g de sel sont suffisants pour combler les besoins quotidiens d'un adulte. Or, selon M. Meneton, les Français en consomment deux à trois fois plus. Appelés à la barre en tant que témoins, l'ancien directeur général de la Santé, Joël Ménard, et le journaliste du Point, magazine dans lequel avait été publié l'article, Christophe Labbé, ont soutenu M. Méneton. "Moi-même, j'ai subi cette désinformation de plein fouet", a ainsi témoigné M. Labbé, qui a enquêté sur ces questions. Selon lui, "cela fait plus de 20 ans qu'un lobby du sel fait de la désinformation sur le lien entre l'excès de sel et les effets délétères sur la santé (...) alors que des dizaines de publications scientifiques disent le contraire".
"Peu à peu, je me suis aperçu" que le lobby produisait "des chiffres minorés", et qu'en fait "80% du sel que l'on consomme est du sel caché, préincorporé dans les aliments", notamment "pour rehausser le goût de plats élaborés à partir d'ingrédients bas de gamme". "Des raccourcis" contre lesquels s'est élevé l'ancien délégué général du CSF, Bernard Moinier. Certes, "il y a du sel dans un certain nombre de préparations alimentaires (...) en raison d'un certain nombre de mécanismes physico-chimiques" mais "la saveur salée n'est pas une saveur que l'on peut cacher", s'est-il défendu. "Il n'y a pas de résultat utilisable pour justifier d'une politique de réduction sodée à l'échelle de toute la population", a-t-il conclu. Interrogé par le tribunal, il n'a toutefois pu produire aucune étude pour étayer cette thèse. Le tribunal devait mettre son jugement en délibéré.
(D'après agence)
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