Affiche du Planning familial pour le droit à l'avortement (18 janvier 2008) © TF1/LCI"Sexualité - Contraception - Avortement - Un droit, mon choix". Trois mots et un rappel : la contraception et l'avortement sont un droit. L'affiche, sur fond de visages de couples souriants, interpelle depuis ce 18 janvier les usagers du métro parisien. C'est le nouveau cheval de bataille du Planning familial. Un combat d'arrière-garde ? Il est vrai que l'interruption volontaire de grossesse a été légalisée voilà plus de trente ans. Et pourtant, l'accès à l'IVG reste difficile en France, selon les associations.
Refus de prise en charge, délais importants, invocation de la clause de conscience et diminution du nombre de centres dédiés à l'IVG, forcent les femmes à livrer une véritable course contre la montre pour rester dans les délais légaux de 12 semaines. Le Mouvement français pour le Planning familial évalue, pour l'ensemble de la France, le nombre de femmes contraintes chaque année d'aller avorter à l'étranger à 3000-5000. Avec des disparités régionales. L'Ile-de-France, la Provence-Alpes-Côte d'Azur et l'Outre-Mer connaissent les plus grandes difficultés d'accès à l'IVG. D'où le choix de l'Ile-de-France, région particulièrement concernée par le problème, pour lancer cette campagne d'affichage.
L'avortement, une course d'obstacles
"Ce qui est un droit et devrait être obtenu facilement en un minimum de temps est aujourd'hui une tolérance, une course d'obstacles très dure à vivre psychologiquement", explique Maïté Albagly, secrétaire générale du Planning familial. Une enquête réalisée entre janvier et avril 2005 pour la DHOS (direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins) a constaté 47% de refus de prise en charge (deux fois plus importants dans le privé que dans le public), à l'issue d'un appel téléphonique. Les raisons avancées sont diverses : pas de rendez-vous disponible, absence de prise en charge des IVG tardives (plus de 10 semaines), refus car la femme n'habite pas à proximité, clause de conscience.
Outre ces réticences, dans 94% des établissements, l'IVG est pratiqué en fonction des plages horaires libérées par les autres activités. Lorsqu'une date d'intervention est donnée, elle est fixée dans 25% des cas 2 à 3 semaines après l'appel. Et très souvent, il est demandé avant le premier rendez-vous une échographie, pour vérifier où en est la grossesse. "Non seulement cela rallonge les délais, mais c'est aussi très dur psychologiquement car la femme n'ose pas dire qu'elle ne garde pas l'enfant", estime Danièle Gaudry, gynécologue adhérente au Planning familial.
D'après agence
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