Les professionels du piercing se disciplinentLe ministère de la santé les annonce pour les prochaines semaines : deux décrets devraient bientôt réglementer le piercing et le tatouage. Confirmant des informations du Quotidien du Médecin, le ministère a précisé jeudi que les deux décrets avaient été validés par le Conseil d'Etat. Ils devraient être soumis à la signature de la ministre de la santé Roselyne Bachelot d'ici deux semaines, ainsi qu'aux ministres de la Justice Rachida Dati et de l'Economie Christine Lagarde.
Les deux textes seront les premiers à réglementer les conditions de tatouage et de piercing, souligne le ministère. Ils précisent les règles de fabrication, de conditionnement et d'importation des produits utilisés, ainsi que les conditions d'hygiène que doivent respecter les professionnels, avec notamment "l'utilisation de dispositifs à usage unique".
Les risques : septicémie, hépatites, allergies...
Dans un rapport récent, l'Académie nationale de médecine avait pointé les "risques réels" du piercing et du tatouage, et dressé un inventaire détaillé des nombreuses complications que peuvent entraîner ces pratiques "sans aucun contrôle médical" (septicémie, hépatites, allergies, complications dentaires...). Elle avait réclamé "des mesures de réglementation ou au minimum d'encadrement", souhaitant "des conditions de sécurité identiques à celles d'un acte médico-chirurgical".
Parmi ses dix recommandations, l'Académie préconisait que les studios de tatouage ou perçage soient agréés par les autorités sanitaires compétentes et que le futur client reçoive "une fiche d'information standardisée, établie par les autorités sanitaires".
Les syndicats professionnels ont réagi vigoureusement jeudi au rapport et au projet de décret. "Le décret, si c'est celui dont on a eu connaissance, va beaucoup trop loin, avec l'obligation d'utiliser des dispositifs stériles", s'est insurgé le président du Syndicat National des Artistes Tatoueurs M. Tin-Tin. "Le tout-stérile n'est utilisé ni par les gynécologues ni par les dermatologues", fait-il valoir. Le SNAT dénonce, comme le syndicat des perceurs professionnels français les "préjugés" et le "parti pris" du rapport de l'Académie de médecine.
D'après agence
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