
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot réunit mardi les quatre intersyndicats de praticiens hospitaliers - INPH, CMH, CPH et Snam-HP - dans l'espoir d'aboutir à un accord sur le paiement des journées de RTT : 4 millions de jours de congés accumulés dans des comptes épargne-temps (CET) par l'ensemble des salariés de l'hôpital, soit environ 42 jours par praticien et 3,5 par agent hospitalier (infirmières, aides-soignantes, cadres, etc). La concertation associe également les représentants des personnels non médicaux (infirmières, aides-soignantes, etc.). Quelque 23 millions d'heures supplémentaires ont également été stockées, faute d'effectifs suffisants.
Pour régler la facture, le gouvernement assure disposer d'une enveloppe d'environ 700 millions d'euros, en dépit de la situation financière dégradée des hôpitaux français, dont deux sur trois sont en déficit. Mais pour la Fédération hospitalière de France (FHF), qui réunit les directeurs d'hôpitaux, comme pour la CGT Santé, la moitié au moins de cette somme n'est pas gagée, nombre d'établissements ayant "épuisé leurs réserves". La FHF chiffre à environ 1 milliard d'euros le besoin de financement.
"Ce n'est pas pour travailler 35 heures"
Les RTT à l'hôpital constituent un enjeu majeur pour Nicolas Sarkozy et le gouvernement qui entendent "libérer les contraintes" liées au temps de travail pour relancer le pouvoir d'achat. Le chef de l'Etat a pressé vendredi Roselyne Bachelot de parvenir à un accord. "Je ne serai pas à la tête d'un Etat capable de demander aux fonctionnaires de faire des heures supplémentaires et qui est dans le même temps incapable de payer ces heures supplémentaires", a-t-il déclaré à Lille.
Le gouvernement souhaiterait par ailleurs éviter la grève des soins non urgents qu'urgentistes et anesthésistes, déjà en grève symbolique depuis Noël, menacent de lancer à partir de jeudi. D'autant que la CGT Santé, premier syndicat à l'hôpital, a appelé ses troupes à participer à la grève des fonctionnaires prévue le 24 janvier, que les urgentistes pourraient aussi rejoindre. Pour François Chérèque (CFDT), une convergence des luttes paraît toutefois exclue, car, selon lui, il ne faut "pas mélanger" le temps de travail des médecins et celui des autres personnels... "Si on a fait dix ans d'études, ce n'est pas pour travailler 35 heures", a-t-il déclaré dimanche.
"Les missions de l'hôpital"
Les anesthésistes posent en tout cas comme condition à la levée de leur préavis de jeudi que "seul le praticien soit habilité à gérer son CET" et décider de ce qu'il veut en faire (monétisation, congés ou conversion pour la retraite). Ils réclament aussi "un texte officiel" concrétisant la promesse de Roselyne Bachelot de transmettre aux héritiers d'un médecin décédé l'équivalent monétisé de ce qu'il avait accumulé sur son CET.
Plus généralement, ces praticiens, qui ont reçu le soutien de l'Ordre des médecins, jugent que "des mesures devraient être rapidement mises en oeuvre pour freiner la fuite des médecins face à une pénibilité et une absence de reconnaissance révélées par cette grève". De telles mesures ne devraient cependant pas être décidées dès mardi mais plutôt attendre la présentation en avril par l'ancien ministre Gérard Larcher de son plan sur "les missions de l'hôpital".
| "Nous ne fermerons pas d'hôpitaux", assure Bachelot |
La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a affirmé qu'il n'y aura pas de fermeture d'hopitaux dans le cadre de la réforme hospitalière, dans un entretien publié mardi par France Soir. "Nous les conforterons, en adaptant leurs activité aux besoins de la population", a-t-elle assuré. "Il n'y a aucun plan de fermeture, de carte hospitalière préétablie", a-t-elle ajouté. A propos de la réforme, la ministre de la Santé a estimé qu'il y avait "trois grandes priorités : renforcer le pilotage des hôpitaux, structurer les services hospitaliers à l'échelle du territoire de santé et améliorer l'attractivité pour les professionnels". |
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...



