Nicolas Sarkozy, le 1e février, à Sophia-Antipolis © TF1/LCIA l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy à Sophia-Antipolis, dans les Alpes-Maritimes, l'Elysée a dévoilé vendredi le plan Alzheimer 2008-2012, qui comprend "10 mesures phares" pour un montant total sur cinq ans de 1,6 milliard d'euros. "La France doit contribuer à faire basculer Alzheimer en 10 ou 15 ans dans le monde des maladies dont il sera possible de stabiliser l'évolution", a dit le chef de l'Etat, qui a fait de ce plan un "engagement personnel". "Dans quelques années, j'espère, on ne souffrira plus comme aujourd'hui, peut-être on ne mourra plus de la maladie d'Alzheimer", a-t-il ajouté.
Sur ces 1,6 milliard d'euros, la grande majorité, à savoir 1,4 milliard, sera financé par la franchise médicale entrée en vigueur le 1er janvier dernier. A Sophia-Antipolis, Nicolas Sarkozy a de nouveau défendu cette franchise très décriée, notamment par l'opposition, qui doit, selon l'Elysée, rapporter chaque année 850 millions d'euros et financer aussi la lutte contre le cancer et le développement des soins palliatifs. "Sans les franchises, c'eut été un déficit supplémentaire", a dit Nicolas Sarkozy. "C'est un engagement financier majeur qui ne devait pas se faire au détriment des comptes de l'assurance-maladie, qui sont déjà déficitaires (...) Comment venir présenter des dépenses supplémentaires sans ressources supplémentaires ?"
1,3 million de personnes atteintes d'ici 2020
Chaque année, 225.000 nouveaux cas de la maladie d'Alzheimer se déclarent en France et, selon les prévisions de l'Insee, près de 1,3 million de personnes seront atteintes d'ici à 2020, soit un Français de plus 65 ans sur quatre. Le plan Alzheimer prévoit notamment la création d'une fondation de coopération scientifique pour donner un nouvel élan à cette recherche. Cette fondation aura pour mission d'attirer les meilleurs chercheurs français et étrangers et de soutenir les meilleures équipes, a précisé Nicolas Sarkozy. Elle financera en outre les équipements coûteux dont la recherche a besoin. L'objectif est "la découverte ou la validation d'un diagnostic et d'un traitement en France", a-t-il ajouté.
Parmi les 44 mesures prévues, notamment "dix mesures phares", comme le renforcement du soutien à domicile et des établissements d'hébergement. Ainsi, 30.000 places en établissement feront l'objet d'un renforcement du personnel pour offrir aux patients des soins et des activités adaptés. Le plan prévoit en outre le développement des structures de diagnostic de la maladie d'Alzheimer ainsi que la mise en place d'un dispositif d'annonce de la maladie.
Le chef de l'Etat s'est engagé à faire tous les six mois un point sur la mise en oeuvre de ce plan élaboré sur la base des propositions d'un rapport préparé par une commission dirigée par le Pr Joël Ménard. "Ce plan, j'y crois et je n'hésiterai pas à le changer s'il s'avère que nous avons omis tel ou tel élément", a-t-il dit. Nicolas Sarkozy entend également faire de la lutte contre cette maladie une "priorité" de l'Union européenne lors de la présidence française, au second semestre 2008, avec notamment la tenue d'une conférence européenne sur cette question à l'automne 2008.
La présidente de France-Alzheimer "globalement" satisfaite |
La présidente de l'association France-Alzheimer, Arlette Meyrieux, s'est déclarée vendredi "globalement" satisfaite par le plan Alzheimer 2008-2012 présenté par Nicolas Sarkozy, y saluant des "avancées significatives". "Globalement, beaucoup de mesures rejoignent les propositions que nous avions faites (...) après, il faut voir les modalités, comment ça va se mettre en place, avec quels moyens", a-t-elle expliqué. "Il y a déjà eu des plans précédents. Cette année, le président de la République lui-même s'engage personnellement sur ce plan. Je crois qu'il y a aussi globalement une prise de conscience, même si n'est pas encore suffisant", a -t-elle également relevé. |
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