Images de synthèse de l'activité d'un cerveau © TF1-LCIC'est une étude qui remet en cause les idées reçues sur les accidents vasculaires cérébraux. Notamment celle, apparemment répandue, que l'on dispose de trois heures pour traiter ces attaques. Des chercheurs canadiens ont montré au contraire que ce type d'accident peut provoquer des dommages graves et permanents dans le cerveau en seulement trois minutes. Leurs travaux ont été publiés dans le numéro de février de la revue Neuroscience. Et leurs conclusions montrent que la prévention est la meilleure défense contre ce qui est, à ce jour, l'une des maladies les plus meurtrières dans le monde développé.
"Beaucoup de gens pensent : si j'ai une attaque cérébrale, je pourrai être soigné si j'arrive à l'hôpital dans les trois heures", détaille l'un de ces chercheurs, le Dr Tim Murphy, spécialiste du cerveau à l'université de Colombie-Britannique. Cela peut être le cas, "mais des changements structurels se produisent très rapidement et il est plus sûr de mesurer les facteurs de risque et de changer son mode de vie".
Une brusque décharge dans le cerveau
Environ 80% des AVC sont provoqués par des ischémies ou diminution brutale de l'apport sanguin provenant de caillots. Pour étudier les conséquences du phénomène, les chercheurs ont bloqué le flot sanguin dans le cerveau de souris de laboratoire et ont utilisé une technique d'imagerie médicale de pointe pour en étudier l'impact. Or, l'arrêt du flux sanguin provoque dans le cerveau une décharge électrique, appelée dépolarisation ischémique, qui endommage très rapidement les connexions entre neurones. Parfois dès l'interruption de l'irrigation sanguine. Un rétablissement rapide du flot sanguin dans le cerveau des souris permet de récupérer la plus grande partie des fonctions cérébrales, mais environ 6% des connexions ne se rétablissent pas, ont constaté les chercheurs.
La fenêtre de trois minutes avant des dommages permanents ne laisse même pas aux victimes d'AVC le temps d'appeler les secours : comme le note le Dr Murphy, "on ne peut pas traiter dans les trois minutes". Tabac, surpoids, manque d'activité physique, alcoolisme, diabète, stress et cholestérol figurent parmi les facteurs de risque pour les AVC, selon la Heart and Stroke Foundation qui a financé les travaux. D'où cette conclusion imparable : pour limiter les conséquences d'un AVC... il vaut mieux ne pas en avoir, et donc modifier son mode de vie en conséquence.
D'après agence
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