L'Etat financera une centaine de "maisons de santé"

le 09 février 2008 à 11h45 , mis à jour le 09 février 2008 à 12h11

Pour lutter contre la désertification médicale dans certaines régions, le gouvernement aidera à créer ces "maisons" où les médecins exerceront en groupe.

enfant medecin obesite © TF1/LCI

L'annonce a été faite vendredi par Roselyne Bachelot, qui participait à la première étape des états généraux de l'organisation de la santé (EGOS) à Paris. Près de 500 professionnels de santé, étudiants, élus ou représentants de patients étaient présents à ce rendez-vous qui vise à nourrir la réflexion du gouvernement pour un meilleur accès aux soins, notamment dans les endroits sous-dotés en médecins, principalement les zones rurales et certaines banlieues, dans la perspective de la loi de modernisation de la santé prévue en 2008. Et c'est dans ce cadre que la ministre de la Santé a fait part du projet de création "d'une centaine de maisons de santé pluridisciplinaires". Elle a précisé au Monde que le gouvernement participerait à ces créations "à hauteur de 50.000 euros maximum par projet".

La mobilisation des internes, en octobre dernier, avait illustré la forte opposition des médecins libéraux à toute remise en cause de leur liberté d'installation. D'où le choix de la ministre de prendre des mesures "incitatives" pour réguler la répartition inégale de médecins sur le territoire. Le gouvernement veut aussi montrer qu'il a entendu "les aspirations des jeunes médecins", qui demandent du temps libre et ne veulent pas renoncer à toute vie sociale, dans une profession qui compte de plus en plus de femmes.

Mesures de régulation : le CSMF se hérisse

Copilote des états généraux, la directrice des hôpitaux Annie Podeur a souligné leurs "craintes sur l'exercice isolé" et leur sentiment d'une "dévalorisation de leur profession", alors qu'ils subissent en même temps "la pression de représenter la dernière présence de service public" en zones déficitaires. Ce mal-être de la profession, qui estime que ses conditions de travail se dégradent, a été tragiquement illustré par le suicide mercredi d'un généraliste du Portel, dans le Pas-de-Calais. Pour valoriser le métier, Roselyne Bachelot a dit son intention d'instaurer "une véritable filière de médecine générale".

La ministre de la Santé a enfin très prudemment avancé l'idée d'une mesure contraignante pour les médecins en "zones très surdotées", indiquant "ne pas exclure (...) de manière ciblée, et dans des cas très spécifiques, des mesures de régulation". La CSMF, premier syndicat de médecins libéraux, a d'ores et déjà prévenu qu'elle refuserait que de nouvelles règles soient imposées aux médecins déjà installés.

D'après agence

le 09 février 2008 à 11:45
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