7.500 personnes ayant effectué des examens radiologiques dans 5 cabinets du Nord de la France vont être contactés © TF1-LCIIl avait dans un premier temps été suspendu pour des dysfonctionnements graves dans ses cinq cabinets du Nord et de l'Aisne : ceux de Wattignies, Anzin, Hautmont, Fourmies et Hirson. Puis, le radiologue Farid Alsaïd, gérant belge de la société Centre d'imagerie médicale regroupant les fameux cabinets, s'était vu interdire d'exercer la médecine pendant trois ans, dont deux ans avec sursis, par l'Ordre régional des médecins de Picardie. Aujourd'hui, la gravité de son cas semble revue à la hausse. Le ministère de la Santé fait état de "plusieurs nouveaux témoignages aggravants".
Le contenu de ces témoignages n'a pas été divulgué. Mais ils ont, semble-t-il, paru suffisamment graves à la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, pour qu'elle décide de faire appel de la décision du conseil régional de l'ordre des médecins de Picardie.
9000 patients exposés
D'où viennent ces nouveaux témoignages ? Ils ont peut-être été obtenus dans le cadre des mesures exceptionnelles de communication et de recueil d'informations destinées aux anciens patients de ces cabinets. Le communiqué du ministère de la Santé rappelle ainsi que le docteur Alsaïd avait été sanctionné "au regard d'une série de faits graves intervenus depuis plusieurs années". Les autorités sanitaires avaient alors été "obligées d'informer plus de 9000 patients ayant été exposés à ces risques" et "elles avaient parallèlement mis en place un certain nombre de mesures pour aider à leur prise en charge, dont un numéro vert toujours actif (0800 880 700)". Les "témoignages aggravants" évoqués par le ministère ont été recueillis "depuis la mise en place de ces mesures" et se sont ajoutés "aux constatations faites lors des inspections sur place".
Les faits qui avaient conduit à sanctionner le praticien, rappelle le ministère, concernaient déjà "des pratiques exposant les patients à des pertes de chance". La perte de chance signifie un défaut dans le diagnostic qui empêche le patient de bénéficier à temps du meilleur traitement possible. Pourtant, si le médecin avait reconnu devant la chambre disciplinaire de l'Ordre régional des médecins avoir utilisé "du personnel non qualifié", il avait assuré n'avoir "jamais mis la vie des patients en danger".
Outre l'appel de la décision de l'Ordre des médecins de Picardie, Roselyne Bachelot "a décidé de lancer, en concertation avec les professionnels, une réflexion autour de mesures assurant la qualité des pratiques radiologiques". Une première réunion de l'ensemble des acteurs concernés, sociétés savantes de radiologie, autorités de contrôle (ASN, IRSN et AFSSAPS), administrations, conseil national de l'ordre des médecins, caisse nationale d'assurance maladie et haute autorité de santé aura lieu mi-mars, note le ministère.
D'après agence
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