Prozac aux enfants : "oui mais"

Par M. D., le 06 février 2008 à 12h06 , mis à jour le 06 février 2008 à 12h41

La prescription de Prozac chez les enfants de 8 ans et plus doit être strictement encadrée, précise l'Afssaps, l'agence française du médicament. La molécule peut être associée à des comportements suicidaires ou des retards de développement.

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Un antidépresseur est prescrit chaque année à un enfant ou ado sur cinq souffrant de dépression. Cela représente 10.000 enfants et 30.000 adolescents par an. Parce que le phénomène est loin d'être anodin et que ce type de traitement peut entraîner de graves effets indésirables, notamment des pulsions suicidaires, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a mis à jour ses recommandations sur le bon usage des antidépresseurs chez les jeunes.

Au cœur de cette actualisation, la prescription de Prozac. En août 2006, l'Agence européenne du médicament (Emea) a autorisé l'usage de ce médicament dans le "traitement des épisodes dépressifs majeurs d'intensité modérée à sévère, en association à un traitement psychothérapique, chez les enfants âgés de 8 ans ou plus, pour lesquels un traitement psychothérapique seul n'est pas suffisant".

Or, "les résultats d'une étude préclinique chez le rat juvénile ont montré des effets délétères de la fluoxétine [la molécule du Prozac] sur la croissance ainsi que sur la maturation sexuelle et les organes sexuels, en particulier des atteintes testiculaires irréversibles", note l'agence française. L'Emea a demandé au laboratoire Lilly qui commercialise le Prozac des études complémentaires sur cette question mais leurs résultats "ne sont pas disponibles à ce jour".

"Surveillance étroite"

Par ailleurs, l'Afssaps souligne que le Prozac, comme les autres antidépresseurs, peuvent entraîner "un risque de comportement suicidaire (...) particulièrement en début de traitement". Les jeunes qui prennent ce type de médicaments doivent donc faire l'objet d'une "surveillance étroite" par les médecins et les parents, pointe l'agence.

En conséquence, le comité d'experts de l'Afssaps, qui est composé de pédiatres, pédopsychiatres, endocrinologues et toxicologues, recommande que ce soit un "psychiatre/pédopsychiatre" qui prescrive de la fluoxétine aux jeunes patients. Et ce traitement doit être accompagné "d'une prise en charge comprenant un suivi de la croissance et du développement pubertaire".

Au-delà de trois mois de traitement, "une consultation auprès d'un pédiatre endocrinologue doit être envisagée en cas de doute sur le déroulement de la croissance ou de la maturation sexuelle". L'Afssaps recommande aussi un bilan endocrinien (hormonal) et une réévaluation du traitement "en cas de ralentissement ou d'arrêt de la croissance, ou de retard de la maturation sexuelle".

Par M. D. le 06 février 2008 à 12:06
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3 Commentaires

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  • Socrate, le 07/02/2008 à 10h33

    C'est scandaleux de donner à des enfants un médicament qui comporte de tels risques de suicide, de retard de croissance, etc. Et le principe de précaution !!!!!

  • Chris, le 06/02/2008 à 15h43

    Du Prozac aux enfants, non mais je rêve, alors que la France interdit la vente sur son sol de plusieurs produits naturels comme le millepertuis, le CO Enzyme Q10 ou la mélatonine. Le puissant lobby pharmaceutique n'est pas prêt de lacher du lest.

  • Nathalie, le 06/02/2008 à 15h04

    Je suis choquée qu'on puisse donner ce genre de médication à un enfant !! Un environnement sain et équilibré, des parents aimant et une écoute ne suffiraient ils pas ?

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