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Par Matthieu DURAND, le 26 mars 2008 à 16h53, mis à jour le 27 mars 2008 à 10:11
Dans le cadre du Sidaction (28-30 mars), l'établissement Emergence aide les malades du sida à se réinsérer professionnellement. Explications du directeur, Jean-Jacques Khalifa.
© sxc.hu
Cette année, le Sidaction (28-30 mars), dont LCI est partenaire, a pour thème l'égalité des chances, notamment face au travail. Près de la moitié (43 %) des personnes séropositives ou malades du sida sont aujourd'hui sans emploi. Or, plus des deux tiers de ces personnes, qui ont perdu leur emploi depuis la découverte de leur séropositivité, souhaitent aujourd'hui retrouver un emploi. Une partie des dons recueillis dans le cadre du Sidaction sert justement à soutenir des projets visant à faciliter la réinsertion professionnelle des malades. Spécialisé dans la prise en charge de personnes en situation de handicap, l'établissement Emergence aide les personnes porteuses du VIH à revoir leur lettre de motivation et leur C.V. ainsi que la manière de se présenter à un entretien d'embauche.
En France, ce sont 144.000 personnes qui vivent avec le VIH et 7.000 contaminations nouvelles en 2008, selon la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
Publié le 01/12/2009
"VIH ou sida, ça ne nous regarde pas, prévient Jean-Jacques Khalifa, le directeur d'Emergence, interrogé par LCI.fr. Notre mission est d'évaluer les freins à l'emploi mais nous nous interdisons de rentrer dans le domaine privé. Le principe, c'est que les gens entrent à Emergence comme identifiés VIH et qu'ils en sortent comme des malades lambda, avec des difficultés ou des contraintes." Parmi lesquelles : des traitements lourds avec des effets secondaires handicapants, une fatigabilité accrue, le besoin de s'absenter parfois plusieurs fois par semaine pour passer des examens, la nécessité de prendre des plages de récupération plus longues entre deux activités...
Les atouts des résilients
Le service s'adresse aux malades ayant déjà élaboré un projet professionnel, c'est-à-dire sachant dans quel domaine ils souhaitent travailler. "Nous avons à faire à deux types de personnes, poursuit le responsable de l'établissement. Ceux qui ont besoin de travailler pour vivre et ceux que j'appelle les résilients, c'est-à-dire les gens qui ont trouvé la force de surmonter les contraintes de la maladie et qui veulent travailler afin de retrouver un statut de citoyen." Les résilients sont plus faciles à "placer" en entreprise que les autres : "Leur capacité d'acharnement, leur volonté, leur lucidité vis-à-vis de leur situation sont autant d'atouts qui s'ajoutent à leurs compétences", assure Jean-Jacques Khalifa.
Le monde du travail est plus ouvert aux personnes vivant avec un handicap. La loi pour l'Egalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées du 11 février 2005 a incité les entreprises à accueillir davantage de personnes handicapées (6% des effectifs dans les sociétés de plus de 200% personnes). Reste que "compte tenu de ce que représente le sida dans l'esprit des gens, il est improductif de déclarer sa séropositivité lors de l'entretien d'embauche", pointe Jean-Jacques Khalifa. Le candidat peut faire reconnaître son handicap mais il n'est pas tenu d'en révéler la nature. Et de conclure : "Une fois embauché, chacun retrouve sa liberté de parole".
Etablissement Emergence (association d'entraide Vivre), 37 rue Louise Weiss, 75013 PARIS. Téléphone : 01 45 70 71 25.
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