© sxc.huLa mission Larcher sur l'hôpital doit remettre jeudi son rapport à Nicolas Sarkozy. Ce travail fait sous la direction de l'ancien ministre du Travail, qui a présidé la Fédération hospitalière de France, doit alimenter le gouvernement en propositions sur le volet hôpital de la loi sur l'organisation des soins, annoncée pour l'automne. Les grandes lignes des réformes proposées sont d'ores et déjà dévoilées par le Journal du Dimanche. Et elles s'annoncent radicales, même si l'auteur du rapport assure que "tout ne sera pas à prendre ou laisser", voulant éviter les déboires du rapport Attali.
Selon le JDD, seize mesures figurent dans ce rapport. La plus importante consiste à regrouper les hôpitaux publics sur le modèle des communautés de communes. Les petits seraient fortement incités à fusionner sous la houlette d'un grand hôpital voisin. Celui-ci contrôlerait les investissements, la répartition des médecins et la logistique, assurant également la chirurgie et les accouchements, les petits hôpitaux se transformant en "maisons de santé" ou en établissements d'accueil de personnes âgées. Les regroupements seraient, assure le rapport, optionnels et assortis d'aides financières. Mais si l'objectif est de réorganiser les soins sans pertes d'emplois dans les petites villes, cette réforme accélèrerait les fermetures des blocs opératoires de petites structures hospitalières, jugés peu rentables et moins fiables. Or, ce sont ces fermetures qui souvent, au niveau local, catalysent les oppositions.
Comment retenir les chirurgiens dans le secteur public
La mission Larcher inciterait aussi les cliniques à assurer plus de missions de service public (urgences notamment) en échange d'incitations financières, et les chirurgiens et médecins libéraux à assurer davantage de gardes. Les groupes privés ne pourraient dépasser un certain seuil d'activité et les établissements publics seraient dotés d'une gouvernance aux pouvoirs étendus, dont celui de se séparer de certains praticiens qui seraient alors reclassés.
Pour retenir les chirurgiens dans le secteur public, un nouveau statut optionnel serait créé, propose la mission, qui souhaite aussi limiter le recours aux urgences : les patients dont l'état ne justifie pas de soins chirurgicaux d'urgence seraient orientés vers les médecins de garde ou les "maisons de santé".
Roselyne Bachelot avait repris à son compte le 21 mars à Bordeaux la notion de "territoires de santé", soulignant la nécessité de "mettre en commun certaines fonctions". Mais "il n'est pas question de regrouper artificiellement les établissements depuis Paris", avait alors souligné la ministre de la Santé.
D'après agence
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