Des lunettesRoselyne Bachelot a jugé possible dimanche que la Sécurité sociale se désengage totalement de secteurs comme l'optique, qui seraient alors pris en charge uniquement par des complémentaires santé. Interrogée au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro sur cette éventualité, la ministre de la Santé a glissé : "La question est posée, d'autant (...) que dans les quatre ans qui viennent de s'écouler la marge bénéficiaire de ces organismes complémentaires est passée de 12% à 23%. On constate que les cotisations sociales que paient les organismes complémentaires ont certes augmenté de 30% dans les dix dernières années, mais (on constate aussi) que dans les quatre ans qui viennent de s'écouler la marge bénéficiaire (...) a pratiquement doublé à périmètre de prise en charge égal. Donc il y a des marges de manoeuvre". Une condition toutefois : accroître la "concurrence" entre ces complémentaires santé.
Une charge contre les mutuelles qui a fait réagir lundi : le président de la Mutualité française Jean-Pierre Davant a jugé qu'avant tout désengagement de la Sécu au profit des complémentaires sur l'optique, il serait "plus raisonnable de négocier d'abord". Et concernant les fameuses "marges" mises en avant par Roselyne Bachelot, il a rétorqué : "Les mutuelles redistribuent quasiment tout ce qu'elles encaissent en matière de cotisation, elles le redistribuent en prestations. Je connais les grandes mutuelles qui équilibrent 'juste', et je n'ai pas le sentiment que les mutuelles font des bénéfices". Vive réaction aussi au PS, où Jean-Marie Le Guen a vu dans la déclaration de Roselyne Bachelot une volonté de "privatisation" du système de santé. "Cette mesure, qui est évidemment supportable pour des familles qui ont de très hauts niveaux (de revenus), est totalement insupportable pour des familles qui ont plusieurs enfants et qui ont des vrais problèmes de pouvoir d'achat", a-t-il jugé.
Le bilan "décevant" des ARH
Autre dossier brûlant : la réforme des hôpitaux. La ministre maniera-t-elle le bâton ? Que nenni, a-t-elle assuré dimanche. Il n'y aura pas d'obligation, mais des incitations financières pour encourager les hôpitaux à se regrouper. Invitée du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro dimanche soir, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a en effet nié l'existence d'une "carte hospitalière", assurant que "nous gardons l'ensemble des hôpitaux". "Cette démarche est volontariste, elle part des acteurs de terrain. Ce que je ferai (...) c'est un certain nombre d'incitations financières", a-t-elle ajouté.
Jeudi, le président de la République présentera les "grandes orientations" de son projet de réforme des hôpitaux qui s'inspirera d'un rapport de l'ancien ministre du Travail, Gérard Larcher, préconisant d'encourager des regroupements d'établissements. En recevant ce rapport jeudi dernier, Nicolas Sarkozy s'était dit "déçu" par le bilan des actuelles Agences régionales d'hospitalisation en matière de "recomposition" hospitalière. Alors que les ARH devraient être remplacées d'ici 2010 par des Agences régionales de santé aux compétences plus larges, le chef de l'Etat a jugé préférable de "ne pas créer une nouvelle administration si les préfets de région n'ont pas un rôle essentiel. Le préfet, il est quand même compétent pour définir une carte hospitalière !", a-t-il ajouté.
Interrogée dimanche sur des déclarations de Gérard Larcher au Monde, qui qualifiait sa propre "méthode" d'"anti-carte judiciaire", Roselyne Bachelot a répondu : "Je lui laisse la responsabilité de cette déclaration". La réforme de la carte judiciaire menée par la ministre de la Justice Rachida Dati avait soulevé une forte opposition. Une vaste mobilisation de milliers d'avocats, magistrats ou greffiers avait donné lieu à des manifestations souvent quotidiennes, blocages de tribunaux, grèves d'avocats, voire grèves de la faim.
D'après agence
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