Les membres de l'équipe médicale d'un hôpital © TF1/LCIL'ambition affichée de la réforme de l'hôpital est "d'engager une recomposition" du tissu hospitalier et de faire des directeurs d'hôpitaux des "patrons" au sein de leurs établissements. Depuis Neufchâteau, dans les Vosges, Nicolas Sarkozy doit tracer ce jeudi les grandes lignes de ce qui s'annonce comme l'un des gros chantiers de la loi sur l'organisation des soins, que présentera la ministre de la Santé Roselyne Bachelot à l'automne. Il en avait déjà défini les principales orientations lors de la remise, le 10 avril, du rapport de Gérard Larcher.
Parmi ses seize pistes de réformes, le sénateur UMP et ex-ministre délégué du Travail préconisait notamment des "rapprochements entre hôpitaux publics sur la base d'exigence de qualité et de sécurité ainsi que de pertinence économique" sous la forme de "communautés hospitalières de territoires fondées sur un projet d'activités médicales commun et dotées de compétences stratégiques". Des termes derrière lesquels le monde hospitalier et les élus locaux, craignent de voir se profiler une accélération des fermetures d'établissements. Pas moins de 150 comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité estiment ainsi que le rapport Larcher "cautionne la dégradation" des établissements locaux.
700 à 800 millions d'euros de déficits
Face aux risques de tensions sur ce thème, Nicolas Sarkozy à déjà cherché à déminer le terrain : "ce sera différent de ce que nous avons fait pour la carte judiciaire". Et à rassurer sur les fermetures de petits établissements : il s'agira en fait de réorienter leur activité. "L'hôpital devra redéployer ses moyens vers la prise en charge du handicap et du grand âge", a insisté le chef de l'Etat. Ce qui ne préservera pas pour autant les blocs opératoires des petits hôpitaux...
Le sénateur Larcher se prononçait aussi dans son rapport en faveur d'une évolution des "règles de gouvernance interne" de l'hôpital en renforçant les pouvoirs du directeur d'établissement qui deviendrait le "seul responsable à l'hôpital". Ce que devrait reprendre Nicolas Sarkozy, assurant à ce "patron" qu'il veut donner à l'hôpital une légitimité face notamment aux "syndicats, à l'assurance maladie, aux élus locaux, aux rivalités entre médecins et entre services". Le chef de l'Etat, qui souhaite créer "un statut ad hoc" pour les hôpitaux publics, est également favorable à un aménagement du statut des médecins hospitaliers, de façon à pouvoir prendre en compte leur activité pour calculer leur rémunération. Il s'agirait de rendre l'hôpital plus attractif pour les médecins face aux cliniques privées qui offrent de meilleures rémunérations. L'amélioration de la régulation des urgences ainsi que la participation du secteur privé au service public hospitalier devraient également être abordées.
Mais pour l'heure, dans l'hôpital public, le nerf de la guerre manque cruellement. Aussi Nicolas Sarkozy a-t-il fixé un objectif de "retour à l'équilibre des hôpitaux publics d'ici à 2012". Ses propositions pour y parvenir seront attendues, alors que la Fédération hospitalière de France (FHF, directeurs d'hôpitaux) vient de demander "un plan de résorption" des déficits, évalués entre 700 et 800 millions d'euros en 2007.
D'après agence
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