Traitement par radiothérapie à l'hôpital d'Epinal © TF1/LCILa "décision a été prise après avis du conseil de discipline des praticiens hospitaliers", selon le ministère de la Santé. Roselyne Bachelot a révoqué mardi le chef de service de radiothérapie de l'hôpital Jean-Monnet d'Epinal, où 5.500 personnes traitées par radiothérapie entre 1987 et 2006 auraient été victimes de surirradiation. La ministre a adressé un blâme à un autre praticien.
"L'usage de la révocation, qui constitue la sanction disciplinaire la plus lourde à la disposition de la ministre, est à la hauteur des manquements graves aux obligations d'information et de suivi constatés pour l'un des radiothérapeutes", a ajouté le ministère. Le blâme "sanctionne le suivi inadapté des patients par l'autre praticien", médecin au service de radiothérapie, précise le ministère de la Santé. "La ministre engagera un travail relatif aux droits et devoirs des médecins, afin d'assurer aux personnels médicaux une meilleure information concernant leurs droits et obligations vis-à-vis des patients et des autorités de tutelle". Roselyne Bachelot "suit avec la plus grande attention cette affaire" et "réitère son soutien le plus total envers les victimes et leurs familles", conclut-il.
"Mon sentiment en tant que victime est que ça fait plaisir, même si cela ne m'honore pas de le dire. Cela ne nous ramènera pas notre santé et cela ne changera pas notre destin, mais c'est un peu réconfortant", a commenté Philippe Stabler, le président de l'association vosgienne des surirradiés de l'hôpital d'Epinal (AVSHE). "Il y a eu des fautes commises. Les responsables doivent assumer leurs responsabilités", a-t-il indiqué. "Cela renforce encore notre statut de victime", a-t-il avancé, précisant qu'avant que le scandale n'éclate, certains des adhérents de l'association s'étaient entendus dire : "Mettez un peu de pommade, ça va passer !" ou "Vous êtes douillet".
5.500 victimes
Le 21 avril, la ministre de la Santé s'était rendue au centre hospitalier d'Epinal et avait fait état de 5.500 personnes victimes de surirradiation entre 1987 et 2006, dans un premier bilan officiel mais non définitif. Quelque 7.500 personnes ont au total été traitées au service de radiothérapie d'Epinal durant cette période, mais environ 2.000 d'entre elles n'avaient pu être jointes du fait de leur décès ou d'un changement d'adresse.
La catastrophe d'Epinal, au bilan longtemps imprécis, est le fruit de défaillances à répétition, souvent indépendantes les unes des autres. C'est l'accident de radiothérapie le plus grave ayant touché un hôpital français.
(D'après agence)
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