Economies à la Sécu grâce aux franchises médicales

le 14 mai 2008 à 16h38 , mis à jour le 14 mai 2008 à 16h41

L'instauration des franchises médicales a eu pour effet de faire baisser la consommation de médicaments en France. Les remboursements ont diminué de 1,8% par rapport à début 2007.

[Expiré] médicaments © sxc.hu

Instaurées le 1er janvier dernier, les franchises médicales ont incité les Français à consommer moins de médicaments. "Il est probable que les Français ont adopté une gestion plus parcimonieuse de leur pharmacie familiale : ils vérifient d'abord qu'ils n'ont pas tel médicament avant d'en faire l'acquisition", estime Frédéric van Roekeghem, le directeur de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), dans un entretien publié mercredi dans La Tribune.

Cet "effet franchise" dissuasif sur les comportements des assurés vient s'ajouter "à l'effet direct et mécanique des 50 centimes d'euro par boîte de médicament" acquittés par les assurés, qui a fait baisser le montant des remboursements de médicaments de l'assurance maladie aux assurés sur les trois premiers mois de l'année.

Selon les derniers chiffres de la Cnam, les remboursements de médicaments ont diminué de 1,8% au premier trimestre par rapport à la même période en 2007. Depuis le 1er janvier, une franchise non remboursable reste à la charge des patients à hauteur de 50 centimes d'euros par boîte de médicaments et par acte paramédical, et 2 euros par transport sanitaire. Elle ne peut excéder un plafond global de 50 euros par an.

Bouclier non opérationnel

Le directeur de la Cnam a par ailleurs exprimé ses réserves à l'encontre du "bouclier sanitaire", un dispositif défendu par le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, pour corriger les effets des franchises sur les revenus modestes. "Il ne s'agit pas d'une piste opérationnelle pour l'année 2009", indique Frédéric van Roekeghem, précisant que la Cnam ne pourrait pas "le mettre en place avant deux ans". Il "introduirait par ailleurs une modification importante des règles de prise en charge des soins" et "ne résout pas la question de la soutenabilité et de l'efficience de la dépense de santé", ajoute-t-il.

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot et le ministre du Budget Eric Woerth ont déjà exprimé ces derniers mois leurs réticences face à l'efficacité et à la faisabilité de ce "bouclier". Interrogé sur la revalorisation de la consultation des médecins généralistes de 22 à 23 euros, le directeur de la Cnam a précisé qu'elle pourrait avoir lieu "au plus tôt début 2009" et qu'elle serait conditionnée à des "contreparties" des médecins.

Il a mentionné la nécessité de "mesures qui tendent à favoriser la régulation des installations" de médecins dans les zones déjà bien pourvues, à côté des mesures incitatives à l'installation prévues dans les "déserts médicaux".

D'après agence

le 14 mai 2008 à 16:38
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