© TF1/LCILe gouvernement planche sur une éventuelle interdiction des happy hours dans les bars. Cette pratique, qui permet de consommer deux boissons pour le prix d'une à certaines heures, appartient déjà à l'histoire, à Nantes.
Les happy hours y ont disparu depuis octobre 2007, lorsque que le maire, Jean-Marc Ayrault (PS), a pris un arrêté interdisant "toute pratique visant à promouvoir la consommation d'alcool". La mort, à six mois d'intervalle, de deux étudiants, tombés dans la Loire après des soirées arrosées en boîte de nuit, avait motivé cette décision.
Bruno Delongueil, patron du bar l'Hypnotik, à Nantes, évoque les conséquences de la fin de l'happy hour pour son établissement situé en plein cœur de la ville.
LCI.fr : Quel a été l'impact de la suppression des happy hours pour votre bar ?
B.D. : On a vraiment été pénalisés dans un premier temps. Ça a été catastrophique au niveau du chiffre d'affaires. On pratiquait l'happy hour de 19h à 20h30. Aux heures d'apéro, il est clair que la fréquentation a baissé. On a environ deux fois moins de clients à cet horaire-là. La fin des happy hours me fait perdre entre 4000 et 5000 euros par mois. Le jeudi soir, où nous faisions des soirées « open bar » (également interdites par l'arrêté du 26 octobre 2007), on a quasiment trois fois moins de clients. Les gens boivent moins, dépensent moins au bar. L'interdiction de fumer a aussi eu un impact.
LCI.fr : Comment avez-vous réagi pour combler le manque à gagner ?
B.D. : Nous n'avons pas modifié nos prix, on a respecté la loi. Mais je sais que certains bars ont baissé leurs prix pour essayer de conserver leurs clients, c'est une manière de contourner la loi. Pour compenser, on a misé sur d'autres créneaux horaires avec des "after" (soirées qui débutent très tard). On essaye aussi de dynamiser un peu le lieu en organisant des soirées à thème, pour regagner du chiffre d'affaires. Avec l'été, les terrasses se remplissent de nouveau, on remonte la pente petit à petit, mais au début, ça a été assez flippant
LCI.fr : La décision de supprimer les happy hours vous semblait-elle justifiée ?
B.D. : Non, car cet arrêté a été pris à la suite d'un accident à la sortie d'une discothèque. C'était un cas isolé, mais ce sont tous les bars qui trinquent. Du coup, c'est toute la ville qui en pâtit. C'est dommage, on va finir par tuer la vie nocturne à Nantes. De plus, certains clients viennent moins au bar, mais ils ne boivent pas moins. Ils préfèrent rester faire la fête chez eux. Il est évident aussi qu'il y a plus d'alcool dans la rue. Ce n'est pas rare de voir des jeunes dans les rues à 2-3 heures du matin avec des bouteilles d'alcool. Ils ne les ont pas achetées dans les bars...
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