Le médicament anti-tabac Champix (varénicline) est commercialisé en France depuis 2007 © PfizerLe traitement de sevrage tabagique commercialisé par Pfizer sous le nom de Chantix aux Etats-Unis et de Champix en France, présente des effets secondaires graves tels que des accidents cardiaques et du diabète, relate mercredi le Wall Street Journal.
C'est ce que relève l'Observatoire américain des pratiques médicales (Institute for Safe Medication Practices), un organisme non gouvernemental qui a épluché des rapports établis par les autorités fédérales du médicament (FDA). Quelque 988 "incidents sérieux" auraient ainsi été répertoriés aux Etats-Unis au cours du 4e trimestre 2007, soit le nombre le plus élevé jamais rapporté pour un médicament sur une période aussi courte, selon le quotidien, citant l'Observatoire.
Pfizer, qui consulte régulièrement les travaux de la FDA et de cet organisme, a indiqué au Wall Street Journal que ces risques étaient mentionnés dans la notice légale du Chantix au titre d'effets indésirables rares. La FDA a par ailleurs indiqué au quotidien avoir eu connaissance des conclusions de l'Observatoire, mais que les équipes actuelles, limitées en nombre, se concentraient sur la revue des effets secondaires psychiatriques du Chantix : idées suicidaires, dépression...
Aucune "étude de comparaison"
Le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue et président de l'Office français de prévention du Tabagisme (OFT), conteste les conclusions que l'observatoire tirent de ces statistiques. "Tout médicament présente des effets secondaires, y compris l'aspirine, explique-t-il à LCI.fr. Par ailleurs, lorsqu'on étudie les effets secondaires d'un médicament, tous les effets sont pris en compte, y compris les jambes cassées."
L'expert note également que l'observatoire ne propose aucune "étude de comparaison" sur les risques avant et après la prise du Champix. Or, il assure que "les accidents cardiaques sont beaucoup plus fréquents chez les fumeurs que chez les non-fumeurs". "Je ne dis pas qu'il y a zéro risque, ajoute-t-il, mais les risques liés à la prise de Champix sont inférieurs au risque de continuer à fumer", soulignant qu'un fumeur sur deux a un risque de mourir du tabagisme.
"Toutes ces campagnes bénéficient à ceux qui veulent que les gens continuent de fumer", affirme-t-il avant de dénoncer le lobbying des industriels du tabac. Selon lui, les patients français qui prennent du Champix n'ont "pas de souci à se faire", "le produit [étant] très surveillé". En cas de dépression ou de cauchemars, le professeur Dautzenberg conseille au patient d'en discuter avec son médecin. "Vous savez, il y a trois fois plus de dépressifs chez les fumeurs qu'au sein de la population générale."
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