Le Red Bull sous haute surveillance

Par A.C. (avec agence), le 24 mai 2008 à 08h56 , mis à jour le 24 mai 2008 à 09h00

Roselyne Bachelot va suivre de près la commercialisation du produit et attend des preuves scientifiques "plus solides" pouvant étayer une éventuelle interdiction.

Red BullRed Bull © Red Bull

L'autorisation du Red Bull en France est-elle définitive ?  Certainement pas, si l'on en croit la ministre de la santé. Roselyne Bachelot a affirmé vendredi sur France Inter que le dossier de la boisson énergisante "n'est pas clos" et qu'elle allait en suivre les suites avec "beaucoup d'attention" en ce qui concerne "les effets indésirables qui pourraient être signalés", envisageant la possibilité de "revenir à tout moment sur les mesures d'autorisation".

Après des années d'interdiction en France, la ministre de l'Economie  Christine Lagarde a donné son feu vert la semaine dernière à la  commercialisation de cette boisson à base de taurine, fabriquée par une firme autrichienne. Roselyne Bachelot s'y était montrée hostile, dénonçant dans une lettre à Christine Lagarde, en août dernier, "un faisceau d'indices en faveur de l'existence d'un  risque, notamment des suspicions de décès liés à la consommation de cette  boisson en Suède et en Irlande, ainsi que des cas de neurotoxicité".
 
"Retirer immédiatement le Red Bull de la vente"
 
Cependant, elle a été "rassurée", selon le ministère, après qu'il a été décidé que des messages d'avertissement seraient apposés sur les bouteilles et  que des "plaquettes d'information" seraient distribuées sur les lieux de  commercialisation du produit.  La boisson restera sous haute surveillance, notamment par l'Institut national de veille sanitaire (InVS), qui va être chargé d'une mission de suivi.
 
Sur France Inter, Roselyne Bachelot a reconnu que les agences sanitaires qui  avaient émis des réserves avaient des dossiers techniques "assez mal étayés". "La France se serait exposée à un contentieux qu'elle aurait perdu de toute façon", a-t-elle noté. Selon le Figaro, Dietrich Mateschitz, l'inventeur du produit, avait déposé  plainte au Tribunal administratif de Paris fin 2007 et avait demandé à l'Etat  français 300 millions d'euros d'indemnités. Pour la ministre, il faudra donc "étayer des mesures d'interdiction  éventuelles sur des dossiers plus solides que ceux que nous avons à l'heure  actuelle". Nouveau président du conseil d'administration de l'Assistance  publique-Hôpitaux de Paris, le député socialiste Jean-Marie Le Guen -lui-même  médecin- a dénoncé la commercialisation du Red Bull, malgré les "remontrances"  des autorités sanitaires, et a demandé à Christine Lagarde de "retirer immédiatement le Red Bull de la vente".

Par A.C. (avec agence) le 24 mai 2008 à 08:56
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