Le virus du Sida © TF1-LCIParmi les pistes explorées jusqu'à présent dans la lutte contre le virus du sida, celle du vaccin piétine depuis de nombreuses années... Mais des études récentes montrent l'implication probable de facteurs génétiques dans la propagation ou, au contraire, la résistance à la maladie.
Des scientifiques canadiens ont ainsi isolé deux gènes qui pourraient empêcher de contracter le virus de l'immunodéficience humaine ou du moins de ralentir le rythme auquel les personnes infectées développent le sida. Les gènes ont été isolés en comparant le profil génétique de personnes étant dans leur première année d'infection par le VIH avec celui de personnes ayant réussi à ne pas être contaminées malgré des expositions répétées au virus. Les "bonnes" versions des deux gènes étaient présentes chez 12,2% des personnes ayant résisté à l'infection mais chez seulement 2,7% des patients ayant été récemment contaminés par le VIH.
Les gènes qui protègent et ceux qui affaiblissent
Les chercheurs ne sont pas encore certains de la façon dont ces gènes fonctionnent pour protéger de l'infection. Un des deux gènes commande un récepteur à la surface des cellules tueuses du système immunitaire qui détruisent les cellules infectées. L'autre commande une protéine, qui est liée au premier gène, et atténue l'activité des cellules tueuses. L'explication la plus plausible est que le VIH empêche la protéine qui atténue l'activité des cellules tueuses de se diffuser, les laissant détruire les cellules infectées par le VIH. Puisque cela peut survenir peu de temps après l'infection initiale, les personnes possédant ces deux gènes pourraient détruire plus efficacement les cellules infectées et réduire leurs risques de développer le sida.
A l'opposé de ces cas de résistance, une étude publiée mercredi aux Etats-Unis, dans la revue Cell Host & Microbe, montre qu'un gène présent uniquement chez des personnes d'origine africaine, qui protège contre le paludisme, augmente de jusqu'à 40% les risques de contracter le VIH. Les porteurs de ce gène, baptisé DARC (Duffy antigen receptor for chemokines), semblent néanmoins être protégés contre la progression du VIH, ce qui leur permet de vivre environ deux ans de plus. Environ 90% des Africains sont porteurs de ce gène qui pourrait être responsable de 11% des contaminations sur le continent, selon les auteurs de l'enquête.
Selon Matthew Dolan du centre médical Wilford hall de l'armée de l'Air américaine, et co-auteur de l'étude, cette mutation génétique "est devenue très fréquente parce qu'elle contribue à protéger contre le paludisme". Mais "maintenant avec une autre pandémie globale sur le terrain, cette même mutation rend les gens plus susceptibles de contracter le VIH".
D'après agence
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