Mystères autour de l'explosion des cas de listériose

le 22 juillet 2008 à 05h16 , mis à jour le 21 juillet 2008 à 15h32

En deux ans, le nombre de cas a augmenté "brutalement". Les chercheurs évoquent plusieurs hypothèses, sans vraiment cerner l'origine de ce phénomène.

médecin docteur

En France comme dans neuf pays Europe, les autorités sanitaires ne parviennent pas à expliquer une hausse soudaine des cas de listériose. Le nombre de malades avait pourtant diminué notablement entre 1987 et 2001, avant de se stabiliser jusqu'en 2005 autour de 3,5 cas par million d'habitants. Mais en 2006 et 2007, c'est l'augmentation "brutale", révèle une étude publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire. Ces deux années là, 4,6 à 5 cas par million d'habitants ont été recensés.

Les chercheurs ciblent avec précision quel type de population est touchée : ils notent que cette explosion concerne tout particulièrement les sujets âgés de plus de 60 ans, chez qui le nombre de cas augmenté de 51% en deux ans, et les sujets aux défenses immunitaires affaiblies. Ils soulignent que la diminution du nombre de cas observée dans  les années 1990, parallèle à la diminution de la distribution de produits fortement contaminés, avait été plus importante chez les personnes jeunes sans terrain à risque et les femmes enceintes. Enfin, ils constatent que la plupart des régions de l'Hexagone sont touchées.

Les sushi ou les nouvelles habitudes de consommation ?
 
Mais pour ce qui est de l'original du mal, les chercheurs sèchent. "Il n'existe pour l'instant aucune explication à cette augmentation", indique cette étude. Les alertes sur des produits non conformes sont stables, il faut donc chercher ailleurs. L'étude établit ensuite que les patients âgés de plus de 60 ans atteints de listériose n'ont pas consommé davantage de produits "sensibles" tels que fromages au lait cru, charcuterie ou poisson fumé. 
 
L'étude s'intéresse alors à d'autres hypothèses, comme l'allongement des dates limites de consommation de certains produits, qui "pourrait favoriser le stockage à domicile dans des conditions non optimales de conservation". Les chercheurs n'excluent pas non plus la modification des habitudes alimentaires, avec une forte consommation de nouveaux produits "qui pourraient être un nouveau vecteur de contamination". Ils citent enfin la baisse de la teneur en sel des aliments, ou encore la consommation accrue de produits crus comme les sushi ou les poissons marinés.

D'après agence

le 22 juillet 2008 à 05:16
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