Déclaration de choix de médecin traitant © TF1/LCILa Sécurité sociale pourrait-elle se désengager totalement de secteurs comme l'optique, qui seraient alors pris en charge uniquement par des complémentaires santé ? L'hypothèse avait été émise à la mi-avril par Roselyne Bachelot. Elle avait aussitôt fait polémique et la ministre de la Santé avait dû faire machine arrière en assurant qu'il ne s'agissait là que d'une piste à explorer... Depuis lors, aucune nouvelle. Pourtant, cette piste, Gérard de la Martinière, le président de la FFSA (Fédération française des sociétés d'assurances) semble prêt à s'y engager.
Le gouvernement, qui a reçu jeudi la FFSA et les professionnels de la santé, doit présenter vers la fin du mois de juillet des mesures pour limiter le déficit de l'assurance maladie, attendu à 4,1 milliards d'euros pour 150 milliards de recettes en 2008. C'est donc à quelques jours à peine de cette annonce prévue que le président de la FFSA a choisi de proposer ses solutions. Sur le départ (à 65 ans, il doit être remplacé le mois prochain par le conseiller d'Etat Bernard Spitz à la tête de la Fédération), il a décidé de s'expliquer dans les colonnes du Parisien.
L'exigence d'un transfert réel de responsabilités
Il souligne que les complémentaires santé "remboursent déjà en grande partie sans avoir leur mot à dire" des blocs comme l'optique ou le dentaire. Aussi, affirme-t-il, "nous avons demandé si le gouvernement est prêt à évoluer dans ce sens, d'ici un ou deux ans, avec transfert réel de responsabilités et liberté de négocier avec les prestataires de santé. Si oui : nous ferons des efforts". Le président de la FFSA se dit toutefois "un peu sceptique" concernant la réponse gouvernementale, "car une nouvelle fois la réflexion se fait dans l'urgence".
Pourquoi une telle proposition ? Pour Gérard de la Martinière, "si l'on veut préserver l'acquis de la protection sociale à la française, il faut recentrer la Sécurité sociale sur les vrais enjeux de solidarité nationale. La Sécu doit se concentrer sur les maladies les plus graves". En-dehors de ces maladies, le chef de la FFSA estime "qu'un certain nombre de risques assurables" ne nécessitent pas la solidarité nationale.
Quid du plan proposé par le directeur de l'assurance maladie Frédéric van Roekeghem visant à réduire le déficit de la Sécu de trois milliards d'euros en 2009 ? Pour Gérard de la Martinière, il n'a "rien d'une nouvelle approche". Selon lui, "on tape sur tous les chapitres sans modifier le fond. Un tiers du plan consiste à demander des recettes supplémentaires, c'est-à-dire un alourdissement de la charge des ménages". Enfin, sur l'évolution des tarifs d'assurance pour 2009, Gérard de la Martinière s'attend à une stabilisation sur le secteur automobile et sur la responsabilité civile et professionnelle. "Une décéleration de la hausse" devrait intervenir pour les assurances type multirisque habitation, alors que pour le volet santé, "ça dépendra beaucoup des décisions publiques en matière de transfert des charges de la Sécurité sociale".
D'après agence
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