Une canette de Red Bull. © TF1/LCIBoire trop de Red Bull rend inconscient. C'est ce que démontre une étude américaine réalisée auprès de 602 étudiants et publiée sur le site web de la revue américaine Journal of Adolescent Health. La sociologue Kathleen Miller, qui a mené l'étude, a établi un lien entre la consommation de boissons énergisantes et des conduites à risque chez les jeunes.
Selon l'étude, financée par l'Institut national américain sur la toxicomanie, 39% des jeunes, davantage des garçons, ont déclaré avoir consommé dans le mois de l'enquête au moins une boisson énergisante.
Elle a montré que les gros consommateurs (au moins six jours dans le mois) avaient trois fois plus de risque d'avoir fumé, abusé de médicaments ou d'avoir été impliqué dans une rixe durant l'année précédant l'étude. De même, les gros buveurs de Red Bull ou assimilé ont évoqué deux fois plus souvent la consommation de la marijuana ou des problèmes avec l'alcool. Ils étaient aussi davantage susceptibles d'avoir eu d'autres conduites à risque : rapports sexuels non protégés, non respect du port de la ceinture de sécurité, pratique d'un sport extrême, ou acte dangereux accompli par défi.
Le Red Bull ne réduit pas l'ivresse, seulement sa perception
Les deux tiers des consommateurs de boissons énergisantes les utilisaient en cocktail avec des boissons alcoolisées. Or, "une idée largement répandue, mais fausse, est que la caféine dans les boissons énergisantes neutraliserait les effets de l'alcool et permettrait de faire la fête toute la nuit sans être saoûl", explique Kathleen Miller, qui met en garde : "Si le mélange réduit la perception de l'intoxication, il ne réduit pas les effets néfastes de l'alcool sur le temps de réaction ou la capacité de jugement."
Voilà qui pourrait apporter de l'eau au Moulin de Roselyne Bachelot, qui affirmait, en mai dernier, qu'elle suivrait avec "beaucoup d'attention" le dossier de cette boisson à base de taurine. La ministre de la Santé avait annoncé qu'elle envisageait de "revenir à tout moment sur les mesures d'autorisation", si "des effets indésirables" étaient signalés, notamment par l'Institut national de veille sanitaire (InVS), chargé d'une mission de suivi.
Le député PS, médecin, et président du conseil d'administration de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris Jean-Marie Le Guen avait, lui, dénoncé la commercialisation du Red Bull, et demandé à Christine Lagarde de le "retirer immédiatement de la vente".
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