
Alors que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, et Eric Woerth, secrétaire d'Etat au Budget, viennent d'annoncer un plan d'économie pour l'assurance maladie (lire notre article), les syndicats réagissent avec prudence, craignant une augmentation des tarifs des mutuelles et des assurances. Le plan prévoit en effet que ces dernières versent une nouvelle contribution d'environ un milliard d'euros en 2009. Et c'est précisément cette disposition qui alarme les syndicats. "La contribution demandée aux organismes complémentaires dont le but n'est pas lucratif, comme la mutualité, pose problème", écrit la CGT dans un communiqué. "Si cette disposition parait épargner les assurés sociaux, il peut se révéler qu'elle oblige ces organismes à augmenter la cotisation de leurs adhérents", ajoute-t-elle.
Sarkozy virulent sur le rééquilibrage de la Sécu
Lors de ses voeux aux personnels médicaux, le président a estimé mardi que "les malades d'aujourd'hui ne pouvaient pas faire financer leurs soins par les actifs de demain" et exigé que la conférence nationale de fin janvier trouve des solutions.
Publié le 12/01/2010
Au PS on craint également que ce plan n'aboutisse à une augmentation des cotisations des mutuelles et assurances, déplore mardi le Parti socialiste. "C'est un nouvel impôt qui sera payé par la grande majorité des assurés sociaux qui verront augmenter leurs prélèvements et réduire encore leur pouvoir d'achat", écrivent Pascal Terrasse secrétaire national à la Santé, et Claude Pigement, responsable national à la Santé, dans un communiqué. "Il s'agit d'un tour de passe-passe, qui sans augmenter le ticket modérateur, va pénaliser les Français", ajoutent-ils.
Quelles répercussions sur les clients ?
Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, interrogé mardi sur RTL, craint que le plan d'aide à l'assurance maladie ne soit "un pas supplémentaire dans l'inégalité dans notre système de santé". Interrogé sur la taxation des mutuelles, le député de l'Essonne a jugé que celles-ci seront "obligées, soit de réduire les remboursements, soit d'augmenter les tarifs". "Donc, on va faire un pas supplémentaire dans l'inégalité dans notre système de santé", a-t-il assuré. "La purge va continuer".
Le président de la Mutualité française, Jean-Pierre Davant, a assuré que les mutuelles essaieraient de maintenir les cotisations inchangées cette année mais a prévenu qu'elles augmenteraient si l'Etat continuait à ponctionner les mutuelles. "On va essayer de ne pas répercuter cette année le montant de cette taxe", a-t-il déclaré au micro de France Info. Dans un entretien publié dans Le Parisien, le directeur technique santé d'Axa France déclare pour sa part que ce prélèvement risque d'être "répercuté sur les primes des clients". Des déclarations qui choquent Force ouvrière. Le syndicat dénonce "des assurances privées plus soucieuses de leurs bénéfices grandissant que d'une assurance maladie solidaire entre tous." Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de l'organisation, salue néanmoins l'absence de hausse de la contribution des malades. "Le pire a pu être évité, le ticket modérateur n'étant pas augmenté", estime-t-il.
(D'après agence)
Retour MYTF1
Sarkozy virulent sur le rééquilibrage de la Sécu
Chargement en cours...



