Mamavirus et Sputnik : découverte de deux nouveaux virus

le 06 août 2008 à 21h08 , mis à jour le 06 août 2008 à 21h34

Les chercheurs viennent de découvrir deux nouveaux virus : Mamavirus est "un géant", et Sputnik est un petit virus qui se loge dans le premier.

Image d'archives. TF1/LCIImage d'archives © TF1/LCI

Mamavirus et Sputnik ont été baptisés ainsi par les chercheurs qui les ont découverts. Il s'agit de deux  nouveaux virus : le premier est  géant, tandis que le second est d'un genre inédit puisqu'il a été débusqué à l'intérieur de l'autre virus.  Tous d'eux étaient cachés au sein d'amibes provenant des circuits de  refroidissement d'eau de systèmes de climatisation. Mamavirus est le deuxième virus géant découvert.

Ce nouveau virus géant détrône Mimivirus,  jusqu'alors le plus grand des virus découvert en 2003 par les chercheurs du  Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Marseille. "Mimivirus, agent potentiel de pneumonie, est légèrement plus petit que  Mamavirus, mais ils appartiennent à la même famille", explique le professeur Bernard La Scola, co-auteur avec Didier Raoult de ce travail publié  jeudi dans la revue scientifique britannique Nature. Ces virus géants atteignent la taille des bactéries au point d'être visibles au microscope ordinaire. Mimivirus, d'un diamètre d'un  millième de millimètre, a d'ailleurs longtemps été pris pour une bactérie. Les deux géants étaient dissimulés dans des micro-organismes dans l'eau de tours aéroréfrigérantes, le premier provient de Bradford  en Grande-Bretagne, le deuxième est originaire de Paris.

Sputnik rend malade Mamavirus

Sputnik a pour sa part été débusqué dans Mamavirus grâce à la puissance d'un  microscope électronique. "Il représente une nouvelle famille de virus parce qu'il s'agit du premier  exemple d'un virus qui infecte un autre virus en détournant sa fabrique" de  reproduction, commente le Pr La Scola. Phénomène qui lui vaut d'être qualifié  de "virophage", par analogie aux "bactériophages" désignant des virus parasites  qui infectent les bactéries à leur profit. Sputnik, doté de 21 gènes, "rend malade" son hôte géant. De quoi relancer le  vieux débat sur la caractérisation des virus - vivants ou non. Pour Jean-Michel  Claverie, "aucun doute, ce virus géant est un organisme vivant puisqu'il peut  être malade".

Sputnik possède des gènes dérivés d'emprunts aux virus géants et à d'autres  virus. Il transférerait des gènes d'un virus à l'autre, à la manière d'un virus bactériophage qui transporte des gènes d'une bactérie à l'autre, pouvant ainsi  en modifier les propriétés. Une large analyse de matériel génétique de l'océan de Jean-Michel Claverie,  d'Adam Monier et Hiroyuki Ogata  parue en juillet dans la revue  Genome Biology, montre d'abondantes séquences génétiques de virus géants proches  de Mimivirus, qui paraissent être des parasites courants du plancton. Ces virus  géants ainsi que les virus satellites comme Sputnik pourraient jouer un rôle  majeur, notamment sur les cycles nutritifs dans les océans et sur le climat.

(D'après agence)

le 06 août 2008 à 21:08
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