© TF1-LCIAlors que les pays du monde entier se préparent à un risque d'épidémie de grippe aviaire, une autre souche du virus, appelée H9N2, inquiète certains chercheurs. Elle pourrait représenter une menace pour la population, ont rapporté mardi des chercheurs. Des analyses pratiquées sur cette souche du virus ont montré qu'il était capable de se transmettre et de se propager avec un nombre limité de mutations, a révélé une équipe de chercheurs du Saint Judes's Children Research Hospital de Memphis et de l'université du Maryland."Nos résultats suggèrent que l'existence et la prévalence des virus H9N2 chez des volailles constituent une menace conséquente pour les humains", écrivent les chercheurs dans le Public Library of Science journal.
Une pandémie inévitable
La plupart des spécialistes du virus de la grippe estiment qu'une épidémie à l'échelle mondiale est inévitable. En revanche, personne ne peut prédire quelle souche du virus, en particulier, en sera responsable bien que le H5N1 fasse actuellement figure de principal suspect. Avec un nombre limité de mutations, il pourrait se transformer en un virus se transmettant facilement à l'homme et se propageant rapidement de personne à personne. Mais certains experts soulignent que le H5N1 n'est pas le seul virus à disposer de ces caractéristiques.
Le H9N2, qui existe principalement chez les volatiles, a contaminé au moins quatre enfants à Hong Kong, provoquant des symptômes sans gravité. Il a été retrouvé chez des oiseaux, des cochons et d'autres animaux en Europe et en Asie. Une seule mutation rend le H9N2 plus virulent et plus pathogène et facilite également sa transmission d'un furet à un autre, constatent les chercheurs dans leur étude. Toutefois, il ne semble pas se transmettre dans l'air, ce qui pourrait limiter sa propagation. Il existe des centaines de souches des virus de la grippe aviaire mais seulement quatre (le H5N1, le H7N3, le H7N7 et le H9N2) ont contaminé des humains.
Une source hautement pathogène découverte au Nigéria
Concernant le H5N1, la FAO a annoncé mardi l'apparition d'une souche "hautement pathogène" qui n'avait jamais été signalée auparavant en Afrique. Une découverte qui suscite donc "de graves préoccupations" quant à son introduction sur le continent. "Deux nouveaux cas de grippe aviaire ont été récemment signalés dans les Etats de Katsina et Kano ( Nigéria)", a indiqué dans un communiqué l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture basée à Rome. Les résultats de laboratoire montrent que la nouvelle souche du virus est "génétiquement différente des souches qui avaient circulé au Nigeria lors des flambées précédentes en 2006 et 2007". "
"Cette nouvelle souche n'avait jamais été signalée auparavant en Afrique et elle est plutôt similaire à des souches précédemment identifiées en Europe (Italie), en Asie (Afghanistan) et au Moyen-Orient (Iran) en 2007", a précisé l'agence. Cette détection "suscite de graves préoccupations, car on ne sait pas encore comment elle a été introduite sur le continent", a indiqué Scott Newman, chargé de la coordination internationale de la faune au Service de santé animale de la FAO. Il semble improbable que les oiseaux sauvages aient transporté cette souche", mais "d'autres canaux seraient responsables de l'introduction du virus, comme le commerce international ou les mouvements illégaux ou non signalés de volailles," selon M. Newman.
Depuis l'apparition en Asie il y a cinq ans de l'épidémie de grippe aviaire provoquée par la souche H5N1, la maladie a touché plus de 60 pays. La grande majorité de ces pays a réussi à éliminer le virus chez les volailles. Au Nigeria, la présence du virus avait d'abord été confirmée en février 2006 et la maladie avait attaqué les volailles dans 25 Etats avant d'être circonscrite. Le virus H5N1 de la grippe aviaire a contaminé 358 personnes et fait 243 victimes humaines depuis 2003.
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