Image d'archives © TF1Une accoucheuse a été mise en examen pour "exercice illégal de la profession de sage-femme" après la mort, fin août, d'un bébé qu'elle venait d'aider à mettre au monde à domicile en Ariège. La femme de 58 ans a reconnu avoir participé à plusieurs dizaines d'accouchements à domicile dans le secteur du Couserans (Ariège). Elle a été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer toute femme enceinte.
Selon les informations recueillies auprès du procureur de la République Antoine Leroy, la femme, qui se faisait passer pour sage-femme, a aidé à la naissance d'un bébé le 31 août. Après la naissance, celui-ci a nécessité des soins que la fausse sage-femme n'a pas été en mesure de prodiguer. Les parents ont alors appelé les pompiers qui n'ont pu que constater le décès de l'enfant.
Une enquête a été ouverte pour recenser tous les accouchements effectués par la fausse sage-femme, qui s'est présentée comme doula (terme désignant les femmes qui "accompagnent" la naissance, de la grossesse aux suites de couches) et savoir si d'autres accidents de ce type s'étaient déjà produits. Celle-ci avait fait acte de candidature auprès de l'association Doulas de France et avait été refusée, selon l'une de ses responsables. Elle faisait signer une décharge aux futurs parents et se faisait rétribuer au noir.
Mise en garde
L'Académie de médecine a rappelé mercredi qu'elle avait "mis en garde dès juin 2008 contre l'immixtion de personnes insuffisamment formées dans le déroulement de la grossesse et de l'accouchement". L'organisme a réitéré "ses réticences contre l'accouchement à domicile" et a mis en garde "contre toute reconnaissance officielle de la formation et de la fonction, que ce soit des accompagnantes de la naissance ou des doulas".
"Les sages-femmes, formées tant au plan médical que psychologique à l'écoute des couples, sont idéalement les ‘accompagnantes' de la maternité physiologique", insiste l'Académie. "Il faut que les futures mamans soient conscientes du risque qu'elles prennent, pour elles et pour leur enfant, en refusant un accompagnement médicalisé de leur accouchement, poursuit-elle. Il ne s'agit pas de déshumaniser ce moment privilégié, mais de le sécuriser."
La reconnaissance des doulas n'est pas davantage souhaitée par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, ni par l'Ordre national des sages-femmes, même si "certaines sages-femmes considèrent favorablement l'accompagnement par des doulas". Selon le rapport de l'Académie de médecine, une cinquantaine de doulas seraient en exercice en France et une centaine en formation. Il indique que Doulas de France a déclaré que 138 naissances (sur plus de 800.000) avaient été accompagnées en 2006, parmi lesquelles 34% ont eu lieu à domicile.
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