Image d'archives © DR| Sarkozy soucieux d'équilibrer l'assurance-maladie |
Sarkozy virulent sur le rééquilibrage de la Sécu
Lors de ses voeux aux personnels médicaux, le président a estimé mardi que "les malades d'aujourd'hui ne pouvaient pas faire financer leurs soins par les actifs de demain" et exigé que la conférence nationale de fin janvier trouve des solutions.
Publié le 12/01/2010
Nicolas Sarkozy a effectué jeudi un déplacement dans le Jura consacré à la politique de la santé. Après avoir visité une maison médicale à Bletterans, près de Lons-le-Saunier, il a prononcé un discours sur "la politique de santé et de la réforme du système de soins". Voici les sujets évoqués par le président.
Equilibrer l'assurance-maladie
Nicolas Sarkozy a réitéré son objectif d'un retour à l'équilibre de l'assurance-maladie en 2011. "Assurer le financement des dépenses de santé est un défi pour demain qui se joue aujourd'hui", a-t-il dit. En juillet dernier, le gouvernement prévoyait un déficit de 4,1 milliards d'euros de l'assurance-maladie en 2008 et de plus de six milliards en 2009 en l'absence de nouvelles mesures.
Il a par ailleurs souhaité que les assurances complémentaires contribuent à la maîtrise des dépenses. Et de souhaiter que "tous les professionnels de santé, en ville et à l'hôpital" s'impliquent davantage dans la maîtrise médicalisée des prescriptions. Il a estimé que l'assurance-maladie proposait des "référentiels de bonne pratique" dans les secteurs où des profondes divergences sont constatées dans le recours aux soins, par exemple en kinésithérapie.
Des "pénalités-plancher" contre les fraudeurs de l'assurance maladie
Le président Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi la mise en place de "pénalités plancher" contre les fraudeurs à l'assurance maladie dès 2009, "sur le modèle de celui en vigueur pour lutter contre le travail illégal". "J'invite l'assurance maladie à intensifier la lutte contre les gaspillages, les abus et les fraudes", a déclaré M. Sarkozy en présentant sa politique de la santé et la réforme du système de soins, à Bletterans (Jura). Selon lui, l'assurance maladie "doit s'appuyer sur de nouveaux instruments pour s'attaquer aux fraudes. Un mécanisme de pénalités plancher sera institué à compter de l'an prochain, sur le modèle de celui en vigueur pour lutter contre le travail illégal", a-t-il ajouté.
Des indicateurs de mortalité pour les hôpitaux
Nicolas Sarkozy souhaite l'instauration d'indicateurs de taux de mortalité et d'infection dans les hôpitaux pour juger de la qualité des soins qui y sont prodigués. "A l'hôpital, je souhaite que chaque établissement analyse avec attention les causes des accidents liés aux soins prodigués en son sein", a déclaré le président de la République jeudi lors d'un déplacement à Bletterans, dans le Jura, sur le thème de la santé. "Pour accélérer le mouvement, il faut que soient rendus publics, pour chaque établissement de santé, quelques indicateurs simples comme le taux de mortalité ou le taux d'infections", a-t-il dit. "Je veux des résultats concrets." L'objectif de ces indicateurs "n'est pas de classer" les hôpitaux, assure-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Mais "les écarts sont tels que certains parlent d'eux-mêmes", dit-on.
"Une politique d'intéressement" du personnel médical et paramédical
"La réforme doit aussi accompagner tous ceux qui s'engagent dans le changement. Pourquoi ne pas permettre aux hôpitaux qui sont à l'équilibre, grâce aux efforts de tous leurs personnels, de redistribuer une partie des excédents à leurs salariés au travers d'une politique d'intéressement ?", s'est interrogé le président en plaidant pour "une politique d'intéressement du personnel médical et paramédical". Le chef de l'Etat a saisi l'occasion pour dénoncer à nouveau les 35 heures, "qui ont profondément désorganisé l'hôpital".
Sarkozy dénonce "ceux qui sont contre les franchises" médicales
"Ceux qui sont contre les franchises sont contre le financement du plan Alzheimer, contre l'ouverture de nouveaux lits de soins palliatifs, contre l'argent qu'on va donner au plan cancer", a affirmé Nicolas Sarkozy. "Aujourd'hui, l'assurance maladie assure le financement de trois quarts des dépenses de santé. Dans quinze ou vingt ans, la part de la santé dans la richesse nationale pourrait se rapprocher de 15%. A l'exemple d'autres pays, nos dépenses de santé -deux cents milliards d'euros aujourd'hui- vont s'accroître de plusieurs milliards d'euros d'ici 2025", a-t-il argué. "Ces dépenses supplémentaires seront-elles employées à bon escient ? Elles sont inéluctables. Serons-nous capables de maintenir la solidarité nationale au niveau qui est le sien aujourd'hui ? C'est aujourd'hui qu'il faut poser la question parce que demain, il sera trop tard", a-t-il lancé.
Crise financière : fin du silence de Sarkozy jeudi prochain |
Sommé de toutes parts de rompre le silence, Nicolas Sarkozy prononcera jeudi prochain un grand discours sur la politique économique du gouvernement, confronté au casse-tête de l'élaboration du prochain budget et à la tourmente financière internationale. Alors que l'inquiétude gagne sur les répercussions prévisibles en Europe des faillites en cascade qui secouent le secteur financier américain, le chef de l'Etat a choisi de s'exprimer dans une semaine à Toulon, lors d'une réunion publique qui devrait rassembler plusieurs milliers de personnes. Cette initiative doit permettre à Nicolas Sarkozy de "mettre en perspective la politique économique du gouvernement", selon l'Elysée, à quelques jours de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi de finances 2009, le mardi 30 septembre. |
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