© DRCocaïne, cannabis, héroïne, produits de synthèse... Selon les chiffres de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), ce sont tout de même plus de 4 millions de personnes qui consomment de la drogue en France, de la cocaïne au cannabis, de l'héroïne aux produits de synthèse. Il n'est "pas inenvisageable" que certains soient consommateurs de plusieurs drogues à la fois, a ajouté mercredi le président de la Mildt, qui n'a toutefois pas pu donner de chiffre.
Dans le détail, "il y a environ 150.000 héroïnomanes" en France, a-t-il dit, en relevant que dans des pays producteurs d'opium (la base de l'héroïne) comme l'Afghanistan et le Pakistan, il y en avait respectivement "un million et trois millions". La France compte également "250.000 cocaïnomanes et autant de consommateurs de produits de synthèse". Ces deux chiffres "ont doublé depuis 2002", a-t-il ajouté. Quant au cannabis, il existe "4 millions d'expérimentateurs, dont 1,2 million sont des consommateurs réguliers, fumant jusqu'à 10 joints par mois", et, parmi ces derniers, "ils sont 550.000 à fumer au moins un joint chaque jour".
Un "plan européen" pour mutualiser moyens et partager résultats
Ces chiffres ont été détaillés par le président de la Mildt, Etienne Apaire, mercredi, en marge de la visite des ministres de l'Intérieur français, Michèle Alliot-Marie, et espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba, au futur Centre d'enquête et de coordination de la lutte anti-drogue en Méditerranée (CECLAD-M), en chantier à Toulon. Car "les organisations criminelles utilisent de plus en plus le bassin méditerranéen pour leurs trafics", selon la police française. Le CECLAD-M doit s'inspirer de ceux créés en Martinique, pour la zone Caraïbes, et au Portugal, pour sécuriser l'UE.
La Commission européenne "vient de rendre public, le 8 septembre, un projet de plan européen quadriennal pour lutter contre les trafics de drogue", a aussi annoncé Etienne Apaire. Le "Groupe horizontal drogue" auprès du Conseil de l'Europe doit maintenant travailler sur ce projet "qui devrait être adopté avant la fin de la présidence française de l'UE", -t-il ajouté. Il s'agit de "mutualiser les moyens" des 27 Etats membres pour rendre plus efficace la lutte commune antidrogue et aussi en "partager" les fruits.
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