© TF1C'est un cri d'alarme que lancent jeudi des médecins, chimistes, cancérologues et directeurs d'établissements de santé : les cosmétiques pour bébés distribués dans les maternités à l'intérieur de mallettes d'échantillons gratuits pourraient constituer un "cocktail toxique" pour des enfants particulièrement réceptifs.
"Ces boîtes sont distribuées depuis quelque 30 ans", a souligné Olivier Toma, directeur d'une clinique et président du Comité pour le développement durable en santé (C2DS). Il a affirmé qu'il y avait de "fortes présomptions" sur certains composés des produits distribués. André Cicolella, chimiste toxicologue, a pointé particulièrement les parabens, qui "ont un effet de perturbation endocrinienne" (affectant le développement, la croissance, la reproduction), et le bisphénol A, interdit récemment dans la fabrication des biberons au Canada.
Epidémie de cancers
"Nous sommes confrontés à une épidémie de cancers" dont un certain nombre ont leurs origines "dès la gestation", a souligné l'expert. "Il faut agir sur les éléments susceptibles de favoriser cette épidémie". Dominique Belpomme, cancérologue, a fait valoir que la pénétration par voie cutanée était "celle qui permet la plus grande perturbation de l'organisme", car "la peau ne sait pas détoxifier".
Tous ont défendu l'application du principe de précaution et l'arrêt de distribution de ces mallettes par les maternités ou les cliniques. Ils ont demandé aussi aux autorités de santé de soumettre les produits cosmétiques à une Autorisation de mise sur le marché (AMM), comme les médicaments.
Premiers à réagir, les laboratoires Expanscience, fabricants des produits Mustela, ont affirmé jeudi n'utiliser dans leurs cosmétiques pour bébés "que des ingrédients qui sont autorisés et dans les conditions d'autorisation". Les produits pour bébés "sont extrêmement réglementés en France", a déclaré Philippe Msika, directeur de l'innovation, de la recherche et du développement aux laboratoires Expanscience. "Ce n'est pas nous qui donnons les conditions d'autorisation et les conditions de tests, ce sont les autorités françaises et européennes", a-t-il souligné. Selon Philippe Msika, il n'est "absolument pas prouvé" que les parabens aient un effet de perturbation endocrinienne. Ceci étant, "si on trouve des substitutions qui ne posent aucun débat, on s'autorise éventuellement" à remplacer des ingrédients contestés, non pour des raisons toxicologiques mais pour rassurer le consommateur, a-t-il expliqué.
D'après agence
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